Essais cliniques: après le drame de Rennes, des volontaires se posent des questions

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Écrit par T.P. avec AFP

Des volontaires d'essais thérapeutiques se disent ébranlés par l'accident qui a laissé un homme en état de mort cérébrale et cinq autres hospitalisés à Rennes et s'interrogent sur leur participation à ces expériences.

"Je vais réfléchir. C'est sûr que ça va refroidir", dit Louis-Marie Durel


Cet étudiant de 23 ans a subi un test étalé sur deux week-ends pour un anti-diabétique dans le centre d'essais cliniques privé de Biotrial à Rennes. Là même où l'essai clinique d'une molécule du laboratoire portugais Bial sur des adultes sains a tourné au tragique.

"Là je n'en ferai plus et je vais le déconseiller", souligne un doctorant en sciences humaines de l'université rennaise, 33 ans, qui souhaite rester anonyme

Cet homme de 33 ans dit "avoir réalisé une quinzaine de tests depuis 2005 avec Biotrial à Rennes, contre la douleur, la sclérose en plaques, le paludisme...". "Ma motivation, c'est l'argent, c'est évident. C'est de l'argent facile" mais avec "une limite 4 500 euros par an maximum", relève-t-il, en précisant qu'il essayait d'évaluer les risques à chaque fois.

"J'aurai aimé en faire un autre"

Beaucoup d'étudiants participent aux essais, par le bouche à oreille, mais on peut aussi s'inscrire sur internet, où l'on trouve une carte des centres de l'Hexagone qui font des tests de médicaments ainsi que de produits cosmétiques. Des candidats y laissent des messages, demandent les conditions. D'autres vantent leur bonne santé, "je ne fume pas, je ne bois pas" ou donnent leur numéro de téléphone.

Louis-Marie Durel lui, y est venu car son frère en avait déjà fait un. "Pour moi cela s'est bien passé. Les gens, des médecins des infirmières sont très compétents, sympas". "J'aurais bien aimé en refaire un autre bientôt". "Cela fait des sous. On a pas grand chose à faire, tout est pris en charge", relève-t-il, précisant qu'il a reçu 700 euros pour les deux week-ends de test. Mais "comme c'était en double aveugle je ne sais pas si j'ai eu le placebo ou le médicament". Il y a un test d'urine à l'entrée pour voir si on a pas pris de toxiques, de drogues et ils ne prennent pas les fumeurs, poursuit-il. "Mon frangin était resté trois semaines dans le centre pour 3.500 euros". "Rester dans le même bâtiment, cela devient vite pesant, même s'il y des jeux de société, des ordis", explique-t-il. "Mon frère, au bout de trois semaines, n'en pouvait plus."


"Il faut continuer les tests"

"Evidemment, il faut vérifier qu'il n'y a pas eu d'abus du laboratoire dans cette histoire de Rennes", dit Pablo Paredes, 40 ans, qui s'était prêté à un test lorsqu'il était étudiant pour se "payer de belles vacances"Mais, pour lui "il faut continuer" les tests "encadrés" conduits "pour une bonne cause" :  soigner. "Il ne faut pas arrêter le progrès", lance-t-il.
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