Selon une étude de chercheurs à Rennes, 60 000 vies auraient été sauvées en France grâce au confinement

Et si, comme la Suède, pour lutter contre le coronavirus la France avait misé sur la stratégie de l’immunité de groupe plutôt que sur le confinement ? Selon une étude menée par des chercheurs de Rennes, la réponse est sans appel : le confinement aurait permis de sauver plus de 60 000 vies.
 

 CHU Pontchaillou de Rennes. Une salle de soin transformée en salle de réanimation.
CHU Pontchaillou de Rennes. Une salle de soin transformée en salle de réanimation. © Thomas Brégardis/Maxppp

Selon une étude réalisée du 19 mars au 19 avril par des chercheurs et épidémiologistes de l’École des Hautes Études en Santé publique (EHESP) de Rennes, le confinement aurait permis à la France d’échapper à une véritable hécatombe. 

"Si aucune mesure de contrôle n'avait été mise en place, 23% de la population française aurait été touchée par le Covid-19, soit 14,8 millions d'individus", avance l’étude. Une vague qui aurait sans aucun doute submergé les établissements de santé.
 

Jusqu’à 10 000 nouveaux cas par jour


Sur ces 14,8 millions cas positifs avancés, près de 670 000 patients auraient en effet dû être hospitalisés, avec au moins 140 000 cas graves, nécessitant plus de 100 000 lits de réanimation. 

S’agissant du nombre de décès, l’étude fait état d’une véritable explosion. "Dans ce modèle, en l’absence de confinement, le nombre de décès quotidiens double tous les 4 à 5 jours à partir du 19 mars, et atteint 10 000 le 19 avril", avancent les chercheurs.

Ainsi, entre le 19 mars et le 19 avril, en l’absence de toute mesure de distanciation sociale, 73 900 personnes seraient mortes à l’hôpital, contre un peu plus de 12 000 avec le confinement. Cela a permis d’épargner 61 700 vies. Et ce serait un minimum. Ces chiffres ne tiennent pas compte des patients décédés faute de soins si les hôpitaux avaient été débordés.

Pour connaître le détail de cette étude (en anglais) cliquez ici.
 

714 vies épargnées en Bretagne


Réalisée à l’échelle régionale, l’étude montre encore que les résultats peuvent varier d’un bassin à un autre. "L'épidémie de Covid-19 n'a pas connu de dynamique synchrone entre les différentes régions françaises, principalement en raison de délais d’introduction différents, d’événements à grande diffusion ou de la proximité avec des pays le virus circulait déjà", précisent les chercheurs.

Ainsi, en Bretagne, 897 personnes auraient été victimes du Covid-19 entre le 19 mars et le 19 avril, contre 183 cas confirmés, selon les données quotidiennes de l'ARS (Agence régionale de santé). Soit 714 vies épargnées contre 15 000 en Ille-de-France ou près de 8 000 dans le Grand Est, les deux régions les plus touchées par l’épidémie de coronavirus. 

 
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