Féminicide à Rennes. La marche blanche à la mémoire de Marie a rassemblé 400 personnes

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Écrit par Barbara Gabel

Proches, amis et voisins se sont réunis ce samedi 23 avril 2022 à Rennes en hommage à Marie, une femme de 45 retrouvée morte, étranglée à son domicile dans le quartier de Villejean. Les associations dénoncent le silence autour des féminicides.

“Justice pour Marie !” Une foule submergée par l’émotion a rendu hommage, ce samedi 23 avril, à Marie, morte, étranglée par son mari, dans son appartement de Villejean à Rennes.

“Le silence est le pire ennemi des femmes qui sont exposées aux violences conjugales”, a déclaré Régine Komokoli, conseillère départementale et cofondatrice du collectif Kuné des femmes de Villejean.

Devant les quelque 400 participants à cette marche blanche, organisée par l’antenne locale du collectif féministe NousToutes, elle a martelé le message suivant, elle-même victime de violences : “Plus que jamais, nous devons libérer la parole.”

"Marie n'est plus là"

Le 12 avril dernier, le corps sans vie de Marie, 45 ans, est retrouvé à son domicile. Son mari était venu lui-même se dénoncer au commissariat de Villejean, quelques instants plus tôt. Il a été mis en examen pour meurtre par conjoint et écroué.

Déjà condamné à de la prison ferme pour violences conjugales, l’homme avait interdiction d’entrer en contact avec son épouse qui avait entrepris une procédure de divorce “très avancée”, selon l’avocate de Marie.

Les deux fillettes du couple, huit et neuf ans, étaient présentes au moment du drame. Elles ont fait l'objet d'une ordonnance de placement provisoire.

Marie n’est plus là, elle ne pourra plus attendre ses filles à la sortie de l’école, nous ne la verrons plus dans nos quartiers. Elle ne coiffera plus ses amies et ses cousines. Combien de temps accepterons-nous de nous taire devant la violence des hommes ?

Pauline, collectif NousToutes 35

Accompagner les victimes de violences

Les associations, présentes à cette marche blanche, demandent l'ouverture de structures de proximité qui prennent en charge les femmes et les enfants victimes de violences familiales.

“La Maison des Femmes, ça existe à Nantes et à Saint-Denis. Elle doit aussi exister à Rennes !”, a poursuivi Régine Komokoli.

La famille de Marie n’a pas souhaité s’associer à la marche blanche. 

A ce jour, samedi 23 avril, 40 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l'année 2022, selon le décompte du collectif NousToutes.