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Hadda Guerchouche : “la natation m'a permis de redessiner les contours d'un destin que je pensais scellé”

Hadda Guerchouche, devant la ligne 8 de la piscine de Bréquigny où elle a passé des heures à s'entraîner / © E. Colin - France 3 Bretagne
Hadda Guerchouche, devant la ligne 8 de la piscine de Bréquigny où elle a passé des heures à s'entraîner / © E. Colin - France 3 Bretagne

Pour Hadda Guerchouche, la natation et la compétition ont été un moyen de reprendre le contrôle sur son corps. La championne paralympique décorée à Atlanta et Barcelone entraîne désormais les autres, en piscine, ou sur terre. 

Par Emilie Colin


"La ligne 8, c'est la mienne, celle où je me suis tout le temps entraînée", raconte Hadda Guerchouche au bord du bassin de la piscine de Bréquigny à Rennes. Spécialiste du 200 mètres 4 nages, cette double médaillée olympique (à Atlanta et Barcelone) conserve encore aujourd'hui le record de France de la discipline. Le sport entre dans sa vie alors qu'elle a 13 ans et qu'elle vit en institution pour personnes handicapées. Hadda est atteinte de la poliomyélite. En institution, le corps se retrouve à la merci des professionnels, pas toujours bien aimé, pas toujours bien traité. Les éducateurs proposent du sport. "J'ai essayé le tennis de table mais je ne voyais pas la balle, puis la natation." C'est la révélation.
 

Depuis, Hadda n'est jamais vraiment sortie de l'eau. Elle s'est installée à son compte en tant qu'entraîneur sportif il y a neuf ans. Elle assure des séances auprès de particuliers, valides ou non. Le constat reste finalement le même pour tout le monde. "Le corps ne ment pas." 


Un travail auprès des détenus de Vezin-le-Coquet


En plus des heures de coachings individuels, Hadda participe désormais à un nouveau projet, avec les détenus du centre pénitentiaire pour hommes de Vezin-le-Coquet près de Rennes (Ille-et-Vilaine), via le quartier de préparation à la sortie (QPS). Pendant six séances de deux heures, basées sur le sport (musculation, sports collectifs...), elle va s'appuyer "sur ce qu'ils savent faire" pour leur permettre de se voir autrement, "remobiliser leurs ressources physiques et mentales". 
 

Il s'agit d'une première à Rennes. "Pour la première séance, j'avais peur de ne pas être à la hauteur (au sens propre comme au figuré) avec des gars debout, en collectif, alors que j'ai plutôt l'habitude d'un tête à tête. L'enjeu c'est de ne pas me placer au dessus, ni en dessous, d'être dans la collaboration mais aussi de m'imposer en tant qu'entraîneur car déjà je suis une femme et aussi une personne handicapée, assise."

Hadda ne manque pas de projet. Elle sera volontaire pendant la prochaine Coupe du monde féminine de football. Elle rêve surtout d'un lieu unique "un lieu dans lequel il y aurait une piscine, avec quatre lignes d'eau, un gymnase avec dix fauteuils de sport et un bar, pour renforcer les liens." 

 

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