Il avait "trop chaud", un menuisier condamné pour ses exhibitions sexuelles

Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné ce mardi 9 juillet 2024 un menuisier de La Dominelais (Ille-et-Vilaine) pour avoir exhibé son sexe sur une aire de repos entre sa commune et La Noë-Blanche et près d'un étang à Saint-Senoux.

Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné ce mardi 9 juillet 2024 un menuisier de La Dominelais (Ille-et-Vilaine) pour avoir exhibé son sexe sur une aire de repos entre sa commune et La Noë-Blanche et près d'un étang à Saint-Senoux. 

La gendarmerie avait en fait été appelée pour "un homme qui s'exhibait nu devant des personnes" : ce conducteur d'un utilitaire blanc s'était "enfui" en roulant "très vite" sur "un chemin de campagne" entre Saint-Senoux et Pléchatel alors que les gendarmes avaient pourtant activé "les gyrophares et les sirènes". L'automobiliste portait alors un t-shirt mais "pas de pantalon, ni de sous-vêtements", selon le récit fait à l'audience.

"Pas de pantalon, ni de sous-vêtements"

Damien X avait alors expliqué qu'il se "détendait" dans sa camionnette, mais des femmes avaient relaté qu'un homme correspondant à sa description "se masturbait devant les femmes quand elles approchaient". Une femme avait d'ailleurs décrit avoir été "effrayée par un homme habillé très chaudement pour la saison" qui s'était "approché de sa caravane"

Alors qu'il était "couché dans son Kangoo", il avait aussi dit à une femme "Viens, viens..." à plusieurs reprises "en se masturbant", mais lui avait expliqué qu'il avait simplement "trop chaud" et qu'il s'était "mis à l'aise" pour "manger et dormir". Les gendarmes l'avaient "vu se garer plus loin pour se rhabiller", et il avait fini par expliquer avoir "enlevé son slip" car il avait "l'impression qu'il était humide"...

"Prise au piège"

À ce moment-là, en juillet 2022, les gendarmes de Bain-de-Bretagne avaient donc "fait un recoupement" avec d'autres faits dénoncés "sur l'aire de repos entre La Noë-Blanche et La Dominelais" : sa description et celle de son véhicule correspondaient. L'exhibitionniste était cette fois arrivé "à vive allure" à côté d'une femme qui "urinait dans les fougères" alors que le parking était vide. 

L'avocate de la première plaignante a d'ailleurs souligné combien sa cliente était "traumatisée" d'avoir "subi cela à son âge", "à la campagne", alors qu'elle souhaitait juste "faire pipi"... Elle avait aussi "très mal vécu" le "langage un peu bourru, charretier" du prévenu et s'était sentie "prise au piège", a souligné Me Anne-Sophie Claise.

Il l'avait "suivie sans la toucher", avait "ouvert son pantalon" et "sorti son sexe" en lui demandant "agressivement" de sortir du véhicule à "plusieurs reprises". Cette femme n'avait toutefois pas pu "retenir les plaques d'immatriculation" mais avait décrit son "agresseur" comme étant habillé en "tenue de chantier".

En garde à vue, ce menuisier de 54 ans - jamais condamné jusqu'alors - avait "exercé son droit au silence". A la barre du tribunal correctionnel de Rennes, il a soutenu n'avoir été présent "sur aucun lieu" de commission des infractions : le jour de son interpellation, Damien X était juste "en plein soleil à travailler" et il avait "chaud". 

"Un peu le coupable parfait" pour la défense

Le psychiatre qui l'a rencontré l'a décrit comme un individu "introverti", "inhibé" et "manquant de confiance" en lui mais qui montre toutefois des "traits obsessionnels", "un manque de souplesse" et "de compétences dans les relations interpersonnelles". Cet homme "inséré" avait aussi été "témoin de violence" enfant et avait subi "des abus sexuels à plusieurs reprises".  

Pour la procureure de la République, sa culpabilité ne faisait pas débat : les faits ont été commis "dans une zone géographique restreinte" avec, à chaque fois, "un véhicule utilitaire" et "le même comportement". 

Mais pour son avocate, Damien X était "un peu le coupable parfait" alors même qu'il n'y a qu'un "faisceau d'indices" et "pas vraiment d'éléments objectifs et matériels".  La description donnée évoquait d'ailleurs "un blond" de "petite taille" ; or son client a "les cheveux gris" et mesure "1,80 m"

"Je le vois très mal adopter un tel comportement", avait plaidé l'avocate rennaise alors qu'il a été décrit comme "une personne qui a beaucoup de difficultés dans sa sexualité". Finalement, "on ne peut pas le condamner parce qu'il a un utilitaire de couleur blanche", avait-elle conclu. Mais le tribunal correctionnel de Rennes ne l'a pas suivie dans son raisonnement : Damien X a été condamné à six mois de prison avec sursis et à 300 € d'amende.

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