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Condamné à 5 ans de prison pour avoir tabassé sa victime en direct sur Facebook

Surveillance des gendarmes sur le net / © AFP - J. Pachoud
Surveillance des gendarmes sur le net / © AFP - J. Pachoud

Un homme a été condamné mardi 6 août par le tribunal correctionnel de Rennes à cinq ans de prison, dont un avec sursis pour avoir violenté un homme en direct sur Facebook. Les gendarmes sont intervenus rapidemment suite à un signalement à la plateforme Pharos.

Par Thierry Peigné


Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 août, Facebook France alerte la plateforme Pharos, chargée de la lutte contre les contenus illicites sur internet, sur le fait qu'une vidéo, où l'on voit un homme se faire violemment tabasser par un autre, est diffusée en direct sur Facebook.

"Exhibant une arme de poing, l'auteur profère des menaces de mort à l'encontre de sa victime tout en lui assénant des coups d'une extrême violence au visage et sur l'ensemble de son corps", précise la gendarmerie nationale dans un communiqué. 

Plusieurs vidéos en Facebook Live

Joint ce midi, le procureur adjoint de la République de Rennes précise que les faits sont d'une extrême violence. Ils se sont déroulés en deux épisodes entre 1h30 et 6h du matin, d'abord au domicile de la victime puis à celui de l'agresseur, les deux hommes se connaissant car étant voisins. Une agression qui fait suite à une soirée arrosée. Les deux hommes, sont d'ailleurs sous l'emprise de l'alcool et de stupéfiants, précise le procureur. Concernant les motifs de ces violences, le magistrat explique que dans l'une des vidéos l'agresseur fait allusion à une dette de 40 euros. Il repprochait aussi à sa victime d'avoir porté des coups à sa propre femme. 

Tout au long de la nuit, l'agresseur de 37 ans n'a cessé de frapper et d'humilier sa victime de 36 ans. "A aucun moment sur les cinq vidéos de quelques minutes postées en Facebook Live entre 2h30 et 4h, la victime ensanglantée ne s'est rebellée ou défendue" précise le magistrat. "Dans une des vidéos, on aperçoit durant quelques secondes, le premier pointer un pistolet à plomb sur le nez cassé du second".
 

Intervention express des gendarmes

Vers 5h du matin, Pharos alerte les gendarmes d'Ille-et-Vilaine. Grâce à l'exploitation des images, du compte de l'auteur présumé et de la géolocalisation de son smartphone, les gendarmes se rendent à une habitation située à Miniac-sous-Bécherel au nord de Rennes. 

A 7h20, soit un peu plus de deux heures après le signalement à Pharos, des gendarmes de Montfort-sur-Meu, renforcés par une équipe cynophile et une unité spéciale de Rennes, "interpellent le mis en cause sans qu'il n'ait le temps de réagir". La victime, "le visage tuméfié et qui est en état de choc", est prise en charge par les pompiers et transporté au centre hospitalier de Rennes. 
 

Une violence intolérable selon le parquet de Rennes

L'agresseur, a reconnu les faits. Jugé mardi en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Rennes pour violences aggravées, il a été condamné à cinq ans de prison, dont un avec sursis et une mise à l'épreuve. Le procureur adjoint de la République, a précisé que la condamnation se devait d'être sévère vu ces actes de violences "intolérables", le lourd passé judiciaire de l'agresseur (une dernière condamnation pour violences en 2014) et le contexte de diffusion en direct.

Il a ajouté que le parquet de Rennes n'avait heureusement que très rarement des affaires de violences diffusées en direct à traiter.


Signalement à la plateforme Pharos

Créée en 2009, la plateforme Pharos (Plateforme d'Harmonisation, d'Analyse, de Recoupement et d'Orientation des Signalements) a pour but de protéger le grand public des contenus illicites du web et a comptabilisé en 2018 plus de 163 000 signalements, essentiellement pour des escroqueries. 

Derrière Pharos, une trentaine de policiers et gendarmes recueillent les signalements des internautes, évaluant s'il y a infraction ou non. Ils effectuent aussi des veilles ponctuelles sur des sujets d'actualité.
 

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