La Bretagne, première région à aider ses collectivités littorales face à l'érosion côtière et aux submersions

La région Bretagne a adopté ce vendredi 16 février un document d'orientation pour adapter son littoral à l'érosion côtière. À Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), 25 000 habitants vivent notamment sous le niveau de la mer et près de 130 000 Bretons au total sont potentiellement menacés.

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Le Conseil régional de Bretagne a adopté vendredi 16 février un document d'orientation pour adapter les secteurs littoraux à l'érosion côtière, le premier adopté par une région. L'objectif principal du document est d'aider les collectivités et communes littorales à prendre en compte, dans leurs politiques locales d'aménagement et d'urbanisme, les études scientifiques les plus récentes menées sur l'élévation du niveau de la mer et les risques de submersion.

130 000 Bretons seraient menacés par ces phénomènes dans les prochaines dizaines d'années. Le secteur de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), avec ses 26 000 habitants vivant sous le niveau de la mer, est particulièrement surveillé.

Les communes volontaires (93 actuellement) sont invitées à réaliser avant trois ans des cartes d'érosion à 30 ans et à 100 ans, puis à intégrer ces résultats dans leur Plan local d'urbanisme (PLU) avec un règlement "très restrictif".

Des côtes d'une grande diversité

Tout en favorisant la concertation avec les habitants, elles pourraient également "préempter des biens dans la zone d'érosion à 30 ans". "La région apporte une aide d'ingénierie, de compétences, et on demande aux communes de rechercher des solutions locales", adaptées à la configuration des lieux, explique Daniel Cueff, vice-président Mer et Littoral au conseil régional.

D'une grande diversité - 48% de falaises rocheuses, mais 24% de côtes sableuses - ces 4 900 km de côtes constituent "une dentelle bretonne spécifique, plus complexe à appréhender, à observer et à gérer" que dans d'autres régions métropolitaines. Cela explique la diversité de solutions envisagées selon les territoires et les enjeux, notamment économiques, présentés par les différents sites : "se protéger", "s'adapter", "renaturer et, si nécessaire, relocaliser" voire "laisser faire la nature", comme laisser revenir la mer sur des polders agricoles.

Le document rappelle qu'"en 300 ans, le marégraphe du port de Brest a permis de constater que le niveau de la mer a augmenté de 30 cm (soit un mm/an en moyenne)".

La mer surélevée d'un mètre

Avec un réchauffement climatique de +3°C à la fin du siècle, la hausse de la mer pourrait atteindre un mètre sur la même période. "Plus de 80 édifices protégés au titre des monuments historiques sont menacés par l'élévation du niveau de la mer en Bretagne" mais aussi 41 000 logements, 42 000 emplois et plus de 100 000 hectares de terres agricoles, soit 4,3% du total, relève notamment le document adopté.

Ce dernier met en exergue le cas de la cité balnéaire de Carnac (Morbihan), qui compte plus de 70% de résidences secondaires et où "2 000 bâtiments sont menacés par l'érosion et/ou la submersion marine à l'horizon 2100". Le document met en garde contre les possibles "pertes humaines" et "des dégâts et des coûts économiques et sociaux de plus en plus importants au fil du temps".