"La différence, tout un art" cherche à exposer le travail d'artistes en situation de handicap

Quatre jeunes artistes d’Ille-et-Vilaine en situation de handicap mental exposeront leurs œuvres au Volume à Vern-sur-Seiche, près de Rennes, du 19 au 29 octobre. Suivront Corps-Nuds et la Chapelle-Bouëxic. Leur collectif appelle d’autres lieux à ouvrir leurs portes pour accueillir leurs tableaux.

Ils s’appellent Fleur, Kyuse, Angelina et Ilé… Et adorent peindre. Ils ont 20 ans et comme de nombreux jeunes artistes, ils rencontrent des difficultés pour exposer, trouver un lieu où montrer leur travail, et pourquoi pas vendre. Un rêve quand on a 20 ans ! Un rêve qui vire au parcours du combattant quand on se trouve en situation de handicap mental.

Et c’est le cas de Fleur, Kyuse, Angelina et Ilé. Alors pour que leurs enfants puissent aller à la rencontre des autres et faire connaître leur travail, un collectif de familles, "la différence tout un art", a décidé d’organiser des expositions.


"Démarcher pour eux, ce n’est pas possible, explique Didier de Abreu, le père de Fleur. Et pourtant ce sont déjà des artistes dans l’âme." En témoignent d'ailleurs les toiles de Fleur au style personnel déjà bien affirmé.

"La différence tout un art" entend favoriser l’autonomie de ces jeunes adultes et préparer leur intégration dans la société. "Sinon, dans le monde des adultes, ils se retrouvent sans rien", regrette Didier de Abreu.

Montrer ses toiles, échanger autour de son travail, c’est évidemment s’émanciper et gagner en confiance. Pour cela le collectif cherche des salles prêtes à accueillir les toiles de personnes en situation de handicap mental.

Les CREAHM belges et suisses, un exemple à suivre

Le Volume à Vern-sur-Seiche, près de Rennes, a répondu présent et accueillera les œuvres de Fleur de Abreu du 19 au 29 octobre 2021. Corps-Nuds prendra le relais en décembre puis la Chapelle-Bouëxic en janvier et février 2022.

Didier de Abreu a un rêve lui aussi. Il aimerait que ce collectif grandisse et qu’un jour peut-être, les collectivités locales prennent le relais.

A l’image de ce qui se fait en Suisse ou en Belgique où des CREAHM (créativité et handicap mental) présentent les œuvres de personnes handicapées mentales.
Une inclusion inversée où les personnes handicapées peuvent enfin montrer à tous ce qu’elles savent faire. S’ouvrir à la différence, c’est vraiment tout un art !

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