Le nouvel album de Victor Solf, "en solo, c'était comme une évidence, je n'avais pas le choix"

Ancien membre du groupe rennais Popopopops, puis du duo Her, le chanteur et musicien Victor Solf vient de sortir ce 30 avril "Still.There's Hope". Après la disparition tragique de son binôme Simon Carpentier, il revient donc avec ce premier album solo, composé entièrement dans le Finistère.  

Victor Solf "Still. There's Hope"
Victor Solf "Still. There's Hope" © UMG / Joaquim Bayle

C'est entre deux rendez-vous qu'il enchaîne actuellement à Paris pour la promo de son nouvel album le très lumineux "Still. There's Hope", que Victor Solf répond à mes questions au téléphone. Un petit moment où il a pu s'échapper et profiter du jardin du Luxembourg, un endroit qu'il aime beaucoup à Paris, pour se poser et respirer. Le timbre au bout du fil est juvénile, avec une jolie fragilité, douce et feutrée, assez inhabituelle pour l'artiste, et que l'on retrouve aussi sur les titres. Qui en font tout le charme. 
 

A Lampaul-Ploudalmézeau, "le temps passe différemment"

Et quand le sujet de la fabrication de l'album arrive au début de la conversation, tout de suite il est question de la Bretagne. De Lampaul-Ploudalmézeau ce bout de Finistère où il s'est installé, où il a trouvé refuge. "J'adore travailler là-bas, le temps y passe différemment. Il y a une proximité avec la nature. C'est apaisant. C'est comme un vide, partir du vide, c'est ce qui est intéressant. C'est vraiment cette sensation que je recherche. Et quand je la trouve, je peux réaliser plusieurs compos par jour. Et Lampaul c'est super pour ça. Il y a là-bas, une quiétude, une bienveillance, une humilité aussi. Quand je suis dans le Finistère, j'arrête de vouloir me prouver des choses. Actuellement, avec les réseaux sociaux, on est tout le temps dans la comparaison. C'est quelque chose dont je me méfie et qui ne m'intéresse pas."
 


Un album solo pour évoquer l'intime

Un album construit à la maison durant le temps du confinement et avec lequel pour ce premier projet solo il a voulu privilégier des thèmes intimes et personnels, comme la solitude, ou le fait de ne pas toujours se sentir à sa place avec le titre "I Don't Fit". "D'être seul c'était une façon de me mettre en danger, de sortir d'une zone de confort et c'était bien."

Faire un album solo, c'était comme une évidence, je n'avais pas le choix. Et je n'avais pas envie de lutter contre les éléments. De me battre contre ça. Je suis quelqu'un de très instinctif pour certaines choses.

 Mais il ne s'interdit rien non plus pour l'avenir. Et pourquoi pas même un jour un groupe de rock, ajoute-t-il dans un rire. 
 


"Le piano c'était ce qu'il y avait de plus excitant dans ce projet"

C'est donc à Lampaul-Ploudalmézeau qu'il a écrit et composé "avec quelques micros et un ordi" ce nouvel album "Still.There's Hope", comme un cri du cœur pour donner tort à la sinistrose ambiante. Et malgré les épreuves traversées, comme un appel à surmonter et vaincre le désespoir. Un album qui oscille entre lumière et mélancolie. Une mélancolie qui vient du travail autour du piano, explique le musicien, qui invoque Yann Tiersen, Niels Frahm ou Max Richter, mais encore Satie ou Debussy. "Le piano, c'était ce qu'il y avait de plus excitant dans ce projet d'album" livre le musicien. Avec l'apport de la soul et de l'électro pour une énergie très positive. 

"Mais très vite après avoir composé j'ai eu envie d'enregistrer en live avec des musiciens, poursuit l'artiste, Et ça s'est fait à 5 au studio Black Box à Angers"

Dans la musique que je fais, la pop, l'émotion c'est vraiment ce que je recherche. C'est quelque chose d'universel. Donner des frissons, toucher le public, concerner les gens par la musique, à chaque fois c'est ce que je veux atteindre.


Ce qu'il écrit, les textes de Victor Solf, viennent, explique-t-il, "de choses assez fortes que je ressens". Des instants de vie. Par exemple le titre "New Normal", il l'a écrit à la gare Montparnasse. "J'attendais mon train et j'ai été choqué par le contraste entre cette foule, ces gens qui passent, qui marchent, pressés, qui ne s'arrêtent pas, et les SDF, qui sont là. Et c'est tellement facile de sortir des rails. Il y a tellement de choses qui peuvent nous faire dérailler, tomber dans la précarité, mais aussi dans des addictions par exemple. C'est de là qu'est venue cette chanson". Mais sinon, ses influences musicales viennent de la soul, du gospel et du blues. Marvin Gaye, Ottis Redding, Nina Simone...
 

© UMG / Joaquim Bayle


Un album et des dates à venir qui se bousculent

Après la sortie de "Still. There's Hope", ce 30 avril, outre la promotion de l'album, l'artiste travaille sur des vidéos pour des clips. Mais surtout, il prépare activement "une  tournée 100% live", ce qui le réjouit énormément. Il devrait être sur la scène du Printemps de Bourges, fin juin, au festival Chorus dans les Hauts de Seine début juillet, les Francofolies juste dans la foulée, et à La Cigale, le 6 octobre... Un album, dont l'envol est plus que prometteur. Avec et c'est tant mieux, beaucoup d'occasions de découvrir ce nouvel opus sur scène, en live... parce que la vie continue, avec ce mélange de douleurs, de difficultés, mais aussi de joie et de bonheur, qui nous pousse, et nous donne envie d'avancer.

"J'aime à chaque fois porter un regard neuf sur la vie. Conserver un rapport à l'innocence, tant bien que mal. Pour Picasso 'en chaque enfant il y a un artiste' et ça me touche beaucoup ça, confie encore Victor Solf, conserver cette innocence. Au fur et à mesure que nous avançons dans l'existence, nous avons tous tendance à nous blinder, quand nous traversons des épreuves. Mais au contraire, pour moi, il ne faut pas se refermer, il faut à chaque fois pouvoir donner de nouvelles chances aux gens, aux événements, aux choses et rester ouvert." 

Et garder le sourire. Parce que malgré tout, il y a de l'espoir !

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
musique culture