Migrants à Rennes. 33 maires demandent à l'État "d'assumer ses responsabilités"

Face à la situation d'errement des migrants sur le territoire de la métropole rennaise, déplacés de centres d'accueil à des campements de fortune, 33 maires de l'agglomération signent une tribune. Ils demandant à l'État d'agir et de régulariser les migrants qui peuvent l'être.

Dans cette tribune, signée déjà par 33 maires de villes et villages aux alentour de Rennes, la question de régler "une situation intenable" qui perdure "depuis de trop nombreuses années" est d'emblée posée. Une situation qui "heurte nos principes humanistes" écrivent les signataires.

Les derniers épisodes de cette problématique d'accueil des migrants sur le territoire rennais, avec la présence jusqu'à près d'une centaine de personnes dans un campement de tentes au parc des Gayeulles puis au centre de loisirs des Éclaireurs à Thorigné-Fouillard ont poussé ces maires à rappeler l'État qu'il se devait de traiter les dossiers et l'accueil de ces migrants afin "d'assumer ses responsabilités" et ses missions.

Une "situation intolérable" qui perdure

Les maires qui rappellent mettre à l'abri depuis des années "avec ou en appui des associations" de nombreuses familles dont les dossiers ne sont pas traités, soulignent agir "au nom de nos valeurs humanistes, de la fraternité qui fait le socle de notre République, et de la tradition d’accueil et d’ouverture de notre pays et de la Bretagne".

Une situation qui représente "un coût de plusieurs millions d’euros par an" pour ces communes, "alors même qu’une véritable politique de régularisation et d’intégration permettrait à ces familles d’être indépendantes, de s’épanouir et de contribuer à la vie économique de notre territoire" ajoutent les  maires. 

Ils s'alarment face à la situation dans laquelle se retrouvent tous ces migrants, "hommes, femmes et enfants qui pourraient être éligibles à une demande de logement dans le droit commun et à un véritable parcours d’intégration si leur situation administrative était régularisée". 

"Un État chaque jour un peu plus absent et défaillant"

Les signataires de la tribune en appellent donc la préfecture à "agir rapidement et efficacement" en appliquant entre autres la circulaire Valls de 2012, afin de régulariser les personnes intégrées dans le tissu social, et en prenant en charge l’hébergement d’urgence des personnes exilées.

La réponse de la préfecture d'Ille-et-Vilaine

Ce mercredi 27 octobre au soir, la préfecture a répondu à la tribune des maires par le biais d'un communiqué de presse. Dans celui-ci, elle revient sur les différents épisodes d'errance des migrants dans la métropole rennaise.

Concernant la demande des maires qui en appelle à l'État d'agir, le préfet explique que "s'agissant de la situation des déboutés du droit d'asile, la préfecture rappelle qu'ils ont d'abord été aidés financièrement et hébergés par l'État, tant qu'ils étaient demandeurs du droit d'asile. Lorsqu'ils ont été déboutés, l'État leur a systématiquement proposé une aide au retour volontaire et un accompagnement dans le dispositif d'accompagnement au départ porté de 50 à 80 places en début d'année 2021. Ceux qui n'ont pas accepté cette aide n'ont pas vocation à rester sur le territoire français, en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile".

Les 33 maires signataires de la tribune

Olivier Dehaese, maire d’Acigné - Laurence Besserve, maire de Betton - Franck Morvan, maire de Bourgbarré - Christophe Chevance, maire de Brécé - Philippe Salmon, maire de Bruz - Gilles Dreuslin, maire de Chantepie - Philippe Bonnin, maire de Chartres-de-Bretagne - René Bouillon, maire de Chavagne - Sandrine Vincent, maire de Chevaigné - Jacques Ruello, maire de Cintré - André Chouan, maire de L’Hermitage - Pascal Pinault, maire de La Chapelle-Chaussée - Anne Le Floch, maire de La Chapelle-des-Fougeretz - Régine Armand, maire de La Chapelle-Thouarault - Françoise Louapre, maire de Laillé - Daniel Yvanoff, maire de Langan - Mickaël Bouloux, maire de Le Rheu - Sylvie Galic, maire de Le Verger - Daniel Monnier, maire de Miniac-sous-Bécherel - Laurent Prizé, maire de Montgermont - Jean-Marc Legagneur, maire de Nouvoitou - Sébastien Guéret, maire de Noyal-Chatillon-sur-Seiche - Michel Demolder, maire de Pont-Péan - Nathalie Appéré, maire de Rennes - Henri Daucé, maire de Romillé - Morgane Madiot, maire de Saint-Armel - Matthieu Pollet, maire de Saint-Erblon - Philippe Thebault, maire de Saint-Gilles - Marie Ducamin, maire de Saint-Jacques-de-la-Lande - Yann Huaumé, maire de Saint-Sulpice-la-Forêt - René-François Houssin, maire de Vezin-le-Coquet - Alain Prigent, maire de Corps-Nuds - Jean-Pierre Savignac, maire de Cesson-Sévigné.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
migrants immigration société solidarité