Pollution et mobilité durable : Rennes en retard sur les autres villes françaises selon Greenpeace

Rennes : une canne de prélèvement d'air mesure le monoxyde d'azote, monoxyde de carbone, dioxyde d'azote boulevard de la Liberté en 2011 (Air Breizh) / © Philippe Chérel/PHOTOPQR/OUEST FRANCE
Rennes : une canne de prélèvement d'air mesure le monoxyde d'azote, monoxyde de carbone, dioxyde d'azote boulevard de la Liberté en 2011 (Air Breizh) / © Philippe Chérel/PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Dans un classement des 12 plus grandes villes françaises en matière de mobilité durable, Rennes apparaît mal classée par l'ONG. L'agglomération bretonne pourrait faire mieux pour lutter contre la pollution de l'air et le réchauffement climatique.

Par Marc-André Mouchère


Dans un communiqué paru ce mercredi, Greenpeace pointe Rennes Métropole sur ses performances concernant la mobilité durable. En effet la mobilité est un des principaux levier pour lutter contre la pollution de l'air et le réchauffement climatique.


Mobilité durable : où en est votre ville ?

La première cause de pollution des grandes villes c'est la voiture avec la consommation de carburant qui nuit à la santé des habitants et contribue au réchauffement planétaire.

Les alternatives sont maintenant connues :
  • éviter la voiture surtout en individuel
  • utiliser les transports en commun
  • utiliser le vélo ou le vélo à assistance électrique


Sur quels critères ?

L'ONG Greenpeace France s'est employée à comparer les efforts de mobilité durable et d'incitation à changer de comportement dans les 12 plus grandes villes françaises : Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Lille, Nantes, Toulouse, Montpellier, Nice et Rennes.

C'est en s'appuyant sur les jugement étayés d'associations à l'œuvre dans ces grandes villes qu'un tableau d'évaluations comparées a pu être établi suivant quatre critères :
  • Restrictions sur les voitures polluantes
  • Offre de transport en commun
  • Mise en place d'un réseau express vélo
  • Incitation au changement des comportements
Pour comprendre la logique du classement, Greenpeace  explique sa méthodologie dans son Panorama Mobilité Durable 2018
 
Panorama Mobilité Durable 2018 des 12 plus grandes villes de France / © source Greenpeace France
Panorama Mobilité Durable 2018 des 12 plus grandes villes de France / © source Greenpeace France


Les restrictions sur les voitures polluantes ne sont encore véritablement en place que sur Paris. L'objectif est de parer aux pics de pollution en interdisant durant une période critique les voitures les plus polluantes suivant des vignettes CRIT'Air. Le grand public est de plus en plus conscient et sensibilisés aux méfaits de la pollution de l'air et l'Europe rappelle à l'ordre les états membres dont la France.

L'offre de transports en commun dépend bien-sûr des politiques de chaque ville et devient un argument majeur des élections municipales. D'autant plus que le citoyen découvre que la voiture électrique est encore assez inaccessible et que même les voitures modernes polluent.

La mise en place de facilités pour rouler à vélo c'est d'abord la création d'un réseau de pistes cyclables car à mettre la charrue avant les bœufs l'usager du vélo prend des risques d'accident routier.

Enfin l'une des actions pour convaincre le public des bienfaits d'un quartier sans voiture, c'est de créer dans chaque grande ville une zone à circulation restreinte permanente.

"avec l’appui du Réseau Action Climat, nous avons évalué le positionnement de ces 12 villes sur un abandon progressif des voitures diesel et essence, qui contribuent fortement à la pollution de l’air et aux changements climatiques. Cela passe par la mise en place de zones à faibles puis très faibles émissions, desquelles sont exclus progressivement les véhicules diesel puis essence, d’ici 2025."


Rennes sur la sellette

Restrictions sur les voitures polluantes : 
À Rennes, selon Greenpeace et Réseau Action Climat, "pas d’ambition affichée de mettre en place une zone à circulation restreinte permanente et ni d'engagement à libérer progressivement et rapidement la ville des véhicules diesel puis essence. A noter que des restrictions de circulation ponctuelles et en réaction à des pics de pollution pourront être mises en œuvre à partir d’octobre 2018."

Offre de transport en commun :
Avec l’association AUTIV (usagers des transports d'Ille-et-Vilaine) la métropole de Rennes est sérieusement taclée : "Volonté politique mais projet(s) ne répondant pas forcément aux enjeux prioritaires" et encore "Si Rennes développe un réseau de transport en commun, celui-ci ne dépasse pas vraiment la rocade de manière efficace"

Il est vrai que comparée à Nantes, la capitale bretonne est très en retard, avec pour l'instant une seule ligne de métro, à l'usage des seuls habitants de Rennes-ville. Le réseau de bus à l'ancienne n'est pas aussi efficace que les transports de villes comme Nantes ou Strasbourg. Le manque de stations au delà de la rocade et de vrais parkings sur les principaux axes de bouchons plombe encore la note, donnant aux usagers extérieurs l'impression que la ville roule pour elle-seule.

Seuls points positifs selon l'AUTIV : l'utilisation expérimentale des voies d’arrêt d’urgence du réseau de voies rapides/autoroutes pour faire circuler les bus venant de la périphérie en site propre [...] et le développement du Vélostar [...].


Mise en place d'un réseau express vélo
Cette fois c'est avec l’association Rayons d’action que Greenpeace a travaillé pour évaluer la politique de Rennes pour les déplacements à bicyclette.
"A Rennes Métropole, on parle de réseau express vélo, mais les récentes réalisations et les projets qui nous sont présentés ne sont pas du tout à la hauteur"

Et pour les deux associations les mesures incitatives restent insuffisantes





 

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