Procès pour viols et agressions sur mineurs à Rennes : "Il a gâché mon existence sentimentale"

Le procès devant la Cour d'assises d'Ille-et-Vilaine de l'ancien maçon accusé d'agressions sexuelles sur mineurs a repris. Après avoir longtemps nié les faits, l'homme de 59 ans est passé aux aveux en fin de semaine dernière. Ce lundi, une de ses victimes, âgée aujourd'hui de 32 ans, a témoigné.

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Sophie, est aujourd'hui une jeune femme blonde de 32 ans. Elle semble fragile et mal assurée dans son pull marin. Elle avait 9 ans au moment des faits, elle habitait avec ses parents à trois maisons de la famille Mérienne, qu'elle connaissait depuis près d'un an. La petite fille était amie avec Charlène, la plus jeune des enfants Mérienne, chez qui elle allait jouer sur leur balançoire. "Tout a commencé en novembre 2016, raconte t-elle, dans l'atelier du maçon. Il a mis sa main dans mon collant et m'a touché le sexe plusieurs fois. Ses mains étaient froides et depuis j'ai horreur qu'on me touche avec des mains froides", se souvient-elle la voix brisée par l'émotion.
 

Une plainte classée sans suite


Des attouchements qu'il aurait répétés à de multiples reprises, procédant à un chantage à la balançoire : "si je ne te touche pas, je ne te balance pas". Sophie précise que l'homme faisait de même avec sa fille Charlène, "comme si c'était normal". Il recommencera jusqu'au mois de mars de l'année suivante. Jusqu'au jour où la soeur aînée de Sophie, Stéphanie, âgée de 12 ans, est témoin de la scène. Les enfants appellent alors la police, qui conseillera aux parents de porter plainte. Mais le dossier sera classé sans suite deux mois plus tard, en raison de témoignages, jugés alors peu fiables.
 

"Je suis passée pour une menteuse"

"A partir de ce moment là, j'ai fait des cauchemars, car je suis passée pour une menteuse, poursuit la jeune femme, de 9 ans à 19 ans, j'ai été montrée du doigt". La femme du maçon ne manquant pas de l'insulter, dès qu'elle la voit, pendant toutes les années qui vont suivre. Ils resteront voisins pendant une dizaine d'années. "Il a gâché mon existence sentimentale", exprime encore Sophie, "J'ai du mal aujourd'hui à faire confiance aux hommes." Ce que confirmera sa soeur. A Lyon, où elle vit désormais, la jeune femme tente de se reconstruire, non sans difficulté.
 

"Un sentiment de sidération"


La réouverture du dossier en 2016, qui a replongé Sophie dans son passé, a beaucoup perturbé la jeune femme. La psychologue qui l'a suivie, témoigne l'avoir "trouvée inhibée très angoissée, avec peu de confiance en elle". "Ce qui s'est passé avec Merienne, explique t-elle a généré chez la jeune femme, un sentiment de sidération. Elle n'a pas compris ce qui lui arrivait. N'avait pas perçu l'interdit".
 
Jean-Luc Mérienne tente de minimiser et de dédramatiser les faits. Il dit ne pas se souvenir de la fillette. "J'ai jamais été violent, jamais été méchant. J'ai jamais tappé ces gamins." Vendredi, après avoir entendu la succession des victimes raconter ce qu'elles avaient subi, il avait tout avoué.

Ce lundi après-midi, c'est le témoignage crucial de son épouse, qui est attendu. 
 

Quatorze victimes présumées 


Depuis le 13 novembre, l'ancien maçon de 59 ans est jugé à Rennes. Il est accusé d’agressions sexuelles sur mineurs, viols sur mineurs, viols incestueux et corruption de mineurs pour des faits qui auraient eu lieu entre 1988 et 2015. Quatorze victimes présumées se sont portées parties civiles. 
 

Le récit d'Isabelle Rettig avec Jean-Michel Piron

Le récit d'Isabelle Rettig, avec Jean-Michel Piron