Quel prix pour le chocolat à Noël ? Des pâtissiers-chocolatiers inquiets

Publié le
Écrit par Laurence Postic (avec KV)

La flambée du coût des matières premières, les œufs, le sucre, le beurre, inquiète les pâtissiers chocolatiers. Beaucoup répercutent une partie des coûts sur le prix des pâtisseries, mais tous appréhendent les évolutions à venir et notamment concernant l'énergie.

Christophe Collet dirige la maison Bouvier à Rennes, avec une clientèle haut de gamme qui, pourtant, risque de se restreindre elle aussi pour les fêtes de fin d'année. En cause : la flambée des prix des matières premières en partie répercutée sur les prix des pâtisseries, chocolats et autres bûches. "On a augmenté nos tarifs de l'ordre de 5%. C'est toujours trop, mais c'est peu face à l'explosion du prix des œufs, du beurre, du sucre, qui ont pris 20% en moyenne", explique-t-il.



Du côté de la Maison Le Daniel, à Rennes toujours, le ton est identique. "Nous avons augmenté les prix de 5% dès le mois de septembre, explique Vincent Trouillet, le responsable de production, c'est peu par rapport au reste de la profession, qui est plutôt sur des augmentations de 10%, et ça reste assez minime par rapport aux coûts des matières premières. Mais nous voulions attendre aussi de voir comment la situation allait évoluer. Nous achetions le beurre 5 euros le kilo l'an passé et là on est autour de 9€, pour le sucre c'est pareil, on était à 50/60 centimes le kilo, il est à 1,10€ aujourd'hui."



Le chocolat acheté dès cet été

Alors, comme d'autres, Christophe Collet cherche des parades : "On a anticipé dès cet été nos achats de chocolat parce que l'on savait qu'en fin d'année, ce serait hors de prix. Mais on ne peut pas le faire pour tout et il y a les dates de péremption à prendre en compte également". Si pour l'instant la maison fait le dos rond, il ne cache pas son inquiétude pour les mois qui viennent, notamment à cause de la baisse du pouvoir d'achat de la clientèle, si aisée soit-elle : "On ne peut pas mettre une galette des rois pour quatre à 22 ou 24 euros ! Même chose pour Pâques." 

Si on augmente nos tarifs de 10%, les gens iront acheter des Kinder. Il y a un prix psychologique à ne pas dépasser

Christophe Collet, Maison Bouvier

"Notre trésorerie et la taille de la maison nous ont permis d'anticiper certains de nos achats, confirme pour sa part Vincent Trouillet, mais ça n'est pas toujours possible. D'abord il faut avoir les capacités pour stocker, et puis on ne peut pas le faire pour tous les produits non plus."

L'enjeu des emballages 

Alors quels sont les leviers possibles ? On s'aperçoit que même les emballages deviennent un enjeu. "Je ne vous cache pas que si on peut éviter de donner un sac, c'est mieux, à 70 centimes le sac", avoue Christophe Collet. D'autant que la maison Bouvier essaie de relocaliser depuis quelques années. Auparavant, elle achetait ses emballages et cartonnages en Chine. Désormais, leurs coffrets de chocolats sont fabriqués à Muzillac dans le Morbihan, chez le fabricant d'emballages Thibault Bergeron : "c'est 20.000 boîtes par an, achetées deux fois plus cher qu'en Chine mais au moins, nous sommes fidèles à nos convictions", conclut-il. 



Vincent Trouillet rappelle que la maison Le Daniel fait payer depuis un moment déjà les emballages aux consommateurs. "Ils sont vendus à prix coutant, on ne fait aucun bénéfice dessus, mais les économies sont conséquentes et l'impact écologique énorme. Nous étions assez précurseurs sur la question, et d'autres suivent aujourd'hui. Même si ça n'est pas évident, les clients ne comprennent pas toujours que dans une maison haut de gamme, les sacs ne soient pas gratuits !"

L'évolution du coût de l'énergie, autre source d'inquiétude

"Ce qui nous inquiète le plus, c'est le prix de l'énergie, s'alarme Vincent Trouillet. Nous ne savons pas où nous allons. Nous payons 90 000€ par an d'électricité pour l'ensemble des sites de la Maison Le Daniel. Mais comment faire si on doit multiplier la facture par quatre l'année prochaine ?" Et pourtant rappelle le responsable de la production, "nous sommes très économes en la matière, c'est une ligne de conduite de la maison de longue date. Les fours ne restent jamais allumés pour rien, et nous sommes toujours très scrupuleux sur cette question".

Ces pâtissiers, dont le métier est d'apporter un peu de douceur... sucrée, redoutent de n'avoir pas d'autres choix que de saler les notes dans les prochains mois, un comble ! 

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité