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Réinsertion. Le cheval aide ces détenus à réussir leur sortie de prison

La maison d'arrêt de Rennes propose aux détenus de préparer leur réinsertion, au contact du cheval. Une pratique qui s'est beaucoup développée. Animal de liberté, il permet la reprise de confiance en soi et ouvre vers l'autonomie et la socialisation.

Détenues de longues peines, Morrann, Roselyne, Shayna appréhendent leur sortie.

Habituées à l'environnement carcéral, elles ont peur, aujourd'hui, du monde extérieur. Une des missions du parcours d’exécution des peines est d’accompagner à la réinsertion. Et pour Catherine Mercier, psychologue pénitentiaire, il n'y a aucun doute, " La médiation équine est un bon moyen de préparation à la sortie de peine, que ces femmes redoutent. Les chevaux apportent affection, réconfort, estime et confiance en soi aux détenues de longues peines".

La médiation équine est donc une méthode de plus en plus utilisée pour s'y préparer.

À quelques kilomètres de Rennes, sous le contrôle de Laurence, surveillante pénitentiaire, Morrann, Roselyne et Shayna partent rejoindre Catherine Mercier dans un centre équestre. Hors de la prison, et après six journées entièrement passées au contact des chevaux, la carapace qu'elles se sont formées tombe.

On a des apparences, qui sont des murs de défense, mais au fond de nous, on est vraiment différente de ce qu'on montre.

Une détenue en médiation

La sensibilité à fleur de peau

Morrann, Roselyne et Shayna connaissent le manque d'attention, d'estime et de confiance en soi. Leurs émotions sont palpables. Pour affronter ce qui les attend dehors, elles doivent d'abord s'autoriser à aller de l'avant, en évacuant, petit à petit, ces émotions. " Ma vie d'avant la prison, n'était que destruction. Je ne veux plus jamais revivre ce que j'ai vécu avant mon incarcération", confie l'une d'entre elle.

Un cheval, ça ne juge pas. Tu as l'impression d'être appréciée sans être jugée, c'est étonnant

Roselyne,

l'une des femmes détenues

Retrouver le contrôle et la maîtrise

L'une des missions de cette médiation est aussi de gagner en autonomie. Un travail autour des besoins, des valeurs, des codes sociaux est indispensable pour devenir autonome peu à peu. Il faut travailler la socialisation, la relation aux autres. Le contrôle et la maîtrise qu'il faut exercer en compagnie du cheval permet en quelque sorte de prendre conscience de tous ces codes sociaux. 

Le cheval "porteur" dans tous les sens du terme

Le cheval représente un animal médiateur très apprécié pour sa robustesse, sa sensibilité émotionnelle et physique, son intelligence et la qualité de son rapport à l’homme. C'est un partenaire particulièrement adapté pour le travail en médiation. "Pour se désengager de la violence, développer de meilleures habiletés relationnelles, et se projeter dans la vie, la médiation avec le cheval est très favorable", confirme Catherine Mercier. 

C'est aussi le "Miroir des émotions" précise-t-elle. "Le lien tissé avec lui, peut aider à se connecter avec soi-même et les autres, pour se reconstruire différemment". 

Le cheval est donc un porteur vivant et enveloppant. Un soutien tonique rassurant. 

Quand les détenus viennent à la rencontre des chevaux, le plus souvent, c'est pour prendre soin d’eux. Notre rôle est de leur montrer qu’ils peuvent aussi le faire avec l’humain.

Catherine Mercier, psychologue pénitentiaire

Le cheval, animal de liberté, offre ainsi bien plus que de simples caresses. Quand les détenus prennent conscience de cela, il ne reste plus qu'à mettre le pied à l'étrier pour se réintégrer dans la société.

Le documentaire "Les caresses de l'ombre" est à voir sur notre antenne jeudi 20 avril à 22h45 et dès maintenant sur francetv.fr

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