Rennes : 73 détenus de Rennes-Vezin refusent de regagner leur cellule après la promenade

Au centre pénitentaire de Vezin-le-Coquet près de Rennes, deux groupes de détenus ont refusé de remonter de la promenade / © MA. Mouchère - France Télévisions
Au centre pénitentaire de Vezin-le-Coquet près de Rennes, deux groupes de détenus ont refusé de remonter de la promenade / © MA. Mouchère - France Télévisions

Des incidents ont éclaté au centre pénitentiaire de Vezin-Le-Coquet, près de Rennes. 73 détenus ont refusé de regagner leur cellule. Les Équipes régionales d’intervention et de sécurité (Eris) sont intervenues pour faire revenir le calme. 

Par Sylvaine Salliou


Au centre pénitentiaire de Vezin-Le-Coquet en Ille-et-Vilaine, 73 détenus ont refusé de regagner leur cellule ce dimanche après-midi, après leur promenade, vers 16h30.

Les Équipes régionales d’intervention et de sécurité (Eris), soit une quarantaine de personnes, ont été appelées par la direction du centre pénitentiaire. Ils ont tiré une grenade et plusieurs coups de fusil à pompe. Ces informations ont été confirmées par la direction du centre pénitentiaire. Les détenus ont fini par regagner leur cellule peu avant 19h. 

Selon la direction du centre pénitentiaire, "ils protestent contre les mesures prises dans le cadre du confinement lié au Covid-19". Cette dernière précise aussi : "Certains cherchent également à récupérer des projections, venant de l'extérieur."

"Lorsque vous êtes quatre dans une cellule, et qu'on vous demande de respecter un mètre de distance entre chacun, explique Éric, secrétaire local UFAP. D'autant plus quand la cellule ne fait que 9 mètres carrés..."
 


À la prison de Vezin, il y aurait 189 matelas au sol, une promiscuité qui génère des tensions, aggravées par le confinement. Les parloirs, les cours, le travail... tout a été annulé. Ne demeurent que les promenades et quelques activités sportives.

Les surveillants demandent que le nombre de détenus en promenade soit limité, pour des questions de sécurité et pour des raisons sanitaires. Si le coronavirus entre en prison, la situation pourrait devenir ingérable.

Des procédures disciplinaires et judiciaires seront mises en œuvre. 
 

Faut-il libérer des détenus ?


Depuis le début de la semaine et suite au confinement, l'administration pénitentiaire a recensé "une trentaine de mouvements collectifs", dont "24-25 se sont limités à des refus de réintégrer" les cellules à l'heure prévue après les promenades dans les cours des prisons. 

Appelée depuis plusieurs jours à libérer "massivement" et en "urgence" des détenus afin d'éviter une crise sanitaire et sécuritaire dans le huis clos de la détention, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a ouvert la voie vendredi à la libération anticipée de détenus malades et d'autres en fin de peine. 

Les syndicats formulent cette demande depuis quelques jours, notamment pour les détenus qui sont en fin de peine. Selon Alexis Granhaie, responsable de l'Union générale des syndicats pénitentiaires CGT (UGSP-CGT), 25% des détenus actuellement en prison, ont des peines de moins de 6 mois. 

À partir de lundi, des mesures compensant la suspension des parloirs sont entrées en vigueur : télévision gratuite pour tous les détenus, forfait téléphonique et aide pécuniaire pour les plus démunis. 

 

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