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Rennes : le festival Agitato bouscule une nouvelle fois les frontières de la danse

"Adieu et merci", une création de la chorégraphe Latifa Laâbissi / © V.Chopin
"Adieu et merci", une création de la chorégraphe Latifa Laâbissi / © V.Chopin

C'est un festival qui porte bien son nom ! Depuis 2006, le festival de danse "Agitato" propose au public de s'agiter, mais aussi de découvrir des créations qui osent... À l'image de son spectacle d'ouverture : "Adieu et merci" de Latifa Laâbissi.

Par Valérie Chopin


"Plongeons dans la création contemporaine..." Telle est l'invitation que Charles-Edouard Fichet, le directeur du Triangle, lance à l'occasion de cette nouvelle édition d'Agitato. Depuis 2006, ce festival rennais de danse incite les spectateurs à ouvrir l'oeil, à danser si le cœur leur en dit, et les chorégraphes à oser. 
D'habitude programmé en juin, le rendez-vous vient cette année se loger en janvier : "Au cœur de la saison, afin d'offrir une meilleure visibilité aux artistes et à leurs créations" justifie le directeur de la salle installée dans le quartier du Blosne à Rennes.
 

De l'art de saluer son public

Le premier spectacle de cette nouvelle édition, c'est une des créations de la chorégraphe Latifa Laâbissi : "Adieu et merci". Une pièce sur le salut. "Ce moment important, et un peu stressant" reconnaît la Rennaise, durant lequel l'artiste voit pour la première et peut-être dernière fois son public manifester -ou pas- son enthousiasme.

"J'ai lu beaucoup de biographies de danseurs. Tous parlent du salut. Pour certains c'est un moment de communion, pour d'autres une vérification", explique la chorégraphe qui se met littéralement à nu dans ce spectacle. Si sa robe parfois se fond dans le rideau, parfois aussi elle tombe, mais toujours sa barbe reste en place. "Cette barbe, c'est pour que le public puisse voir homme et femme dans mon personnage. C'est ma façon de brouiller les pistes pour qu'on puisse y voir tous les fantômes possibles."

Danseurs d'opéra, mais aussi butô japonnais, artistes de cabaret mais aussi stars du rock n' roll, Latifa Laâbissi a beaucoup observé : "Certains courent, d'autres marchent, les traditions et façons de saluer sont très variées, propres à chacun. Certains font des révérences alors qu'au Japon par exemple, la salut peut être très mal vu, comme si l'artiste venait quémander, chercher l'assentiment du public."
 

Duo avec le rideau


Applaudissements, bouquet de fleurs... plusieurs éléments sont associés à ce moment crucial du salut. La scénographe Nadia Lauro s'est tout particulièrement attaquée au rideau qu'elle a voulu mobile "pour qu'il colle aux basques de la performeuse". Parfois derrière, parfois devant, ce grand tissu forme un duo avec la danseuse : "C'est clairement un partenaire, de danse, de jeu, parfois dans la violence !" confirme Nadia Lauro. 

Tantôt épais et lourd comme du velours, tantôt léger et transparent comme un voile, le rideau joue un rôle déterminant. Tout en restant assis à sa place, le spectateur découvre par moment l'envers du décor, grâce aux lumières astucieusement pointées sur ce tissu en mouvement. Que se passe-t-il en coulisses, quand les lumières sur scène s'éteignent ? Le public perçoit l'artiste, ressent son stress, sa solitude, son impatience... Il se pose aussi la question de son rôle à lui spectateur, de son attitude envers le "performeur".

"Adieu et merci" de Latifa Laâbissi - compagnie Figure Project, sur la scène du Triangle mardi 29 janvier 2019. 
Interlocuteurs : 1) Latifa Laâbissi, chorégraphe de la compagnie Figure Project 2) Nadia Lauro, scénographe 3) Dominique puis Gaëlle, spectateurs. Reportage Valérie Chopin, Christophe Rousseau. Montage Benoît Thibaut.


Le festival Agitato 2019, c'est jusqu'au 8 février au Triangle de Rennes.


 

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