Rennes : l'intelligence artificielle pour diagnostiquer des infections chez les bébés prématurés

Le CHU de Rennes a mis au point un outil de détection en temps réel du risque d'infection chez les prématurés, grâce à l'intelligence artificielle. Une étude grandeur nature va le tester avant son déploiement.
 
Le docteur Patrick Pradys lors d'un test sur un mannequin
Le docteur Patrick Pradys lors d'un test sur un mannequin © CHU Rennes

C'est une première, et c'est au CHU Pontchaillou de Rennes. Une équipe européenne de médecins chercheurs a mis au point une méthode non-invasive de détection du risque infectieux chez les enfants prématurés du service de neo-natalogie.

"C’est un réel problème pour les prématurés qui sont fragiles et exposés aux risques infectieux" explique le docteur Patrick Pladys, chef du pôle femme-enfant et du service de pédiatrie du CHU de Rennes.

"On arrive souvent tard dans le diagnostic d’une infection, au plus haut des signes cliniques, or chaque heure gagnée est un bénéfice important pour le patient" complète Alain Beuchée, responsable de l’unité de réanimation néonatale au CHU de Rennes, "avec  Digi-NewB, on est en capacité de gagner plusieurs heures voire plusieurs jours".
 
L'écran du moniteur de l'outil de détection des risques infectieux
L'écran du moniteur de l'outil de détection des risques infectieux © DR


Une étude clinique pour valider


Digi-NewB récupère les données des observations cliniques, les données des moniteurs telles que le rythme cardiaque, le rythme respiratoire, la saturation en oxygène. Ces informations, complétées avec l'enregistrement de vidéo et l'analyse de mouvement, puis digérées par l'intelligence artificielle, permettent de construire un index d'évolution du risque d'infection.
 
Les données ont été récoltées auprès de 400 patients de six hôpitaux du grand-Ouest.

"On pense et on espère qu’avec ce système, on améliorera le devenir des enfants, en diminuant la morbidité, voir la mortalité" souligne Olivier Parly.

La plateforme, qui a fonctionné avec un démonstrateur pour la première fois sur 12 patients du service du CHU de Rennes, doit maintenant faire l'objet d'une vaste étude clinique auprès de 1 000 patients.
 
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