Rennes. L'usine Citroën, le Mammouth, la mobylette... l'écomusée en pleine fièvre des années 70

Après sept mois d'atermoiements dûs au confinement, l'exposition sur les années 70, "clichés de campagne", est enfin ouverte au public depuis ce mardi. Du coup, il ne reste plus que trois mois et demie pour se plonger dans une époque haute en couleur. Quand nostalgie rime avec magie. 

Les années 70 autour de Rennes
Les années 70 autour de Rennes © B.Le Vaillant/France Télévision

1970, le temps des possibles. L’exposition qui a enfin ouvert ses portes au public, ce mardi 25 mai à l’écomusée de la Bintinais au Sud de Rennes, aurait pu s’intituler ainsi.

Des objets emblématiques, des photos, des textes, des films rendent compte de la vie des jeunes ruraux de cette décennie, attirés comme des aimants par la modernité et par la ville. 

"On n’avait pas peur de l’avenir, on avait qu’une envie, faire la fête", se souvient une Malouine, aujourd’hui sexagénaire.

"Le maître-mot, c’était la liberté", se souvient une dame de la Martigné-Ferchaud qui avait 13 ans en 1970. "1968 était passé par là, on était plus libres et il n’y avait pas encore eu les chocs pétroliers et tous ces trucs-là".  

 

Pour nous les filles de la campagne, c’était soit rester travailler aux champs, soit devenir sténo. Mais on s’en foutait, on voulait juste des sous pour s’amuser, on n’en avait pas beaucoup, mais on en avait assez

Claude, 67 ans, de Corps-Nuds

 

L’attraction de l’usine de voitures La Janais

Dans la salle, trône notamment une citroën GS, symbole d’une époque autour de Rennes. L’installation de l’usine de la Janais avait révolutionné les mœurs.

"Dans les campagnes, on était beaucoup à partir travailler à l’usine, raconte Bernard, récemment retraité. C’était la ville, c’était le plein-emploi, on quittait les champs, on se démarquait de nos parents. Moi j’habitais à Dol-de-Bretagne et le bus venait nous chercher jusque-là pour nous emmener à l’usine puis nous ramener".


Quand le centre Alma c’était Mammouth

Les ruraux venaient à la ville mais la ville commençait à empiéter sur la campagne. Cleunay, Maurepas, Villejean, le Blosne, tout ça venait de sortir de terre. "Quand j’étais gosse, c’était des champs. La ceinture périphérique au Sud, c’était le boulevard Clémenceau. Je me souviens, ils ont créé très vite le centre Alma. Mais à l’époque, c’était un Mammouth. Et le magasin Printemps, c’était un Primevère. En tous cas, c’était la porte ouverte à la consommation".


"C’était mieux avant"

Des réactions comme celle-ci, on pouvait en entendre à la pelle ce mardi. Bien sûr, la génération qui a connu cette décennie fascinante est la première à s’engouffrer dans la salle d’exposition, et c’est elle qui en tirera le plus d’émotion.

"Il y a quand même un peu de nostalgie, précise Bernard. Tout était plus long, plus lent, il y avait la pension, l’éducation parfois un peu sévère mais on s’attachait à tout, on rêvait devant une mobylette. Aujourd’hui, on veut tout, tout de suite et on s’en lasse tout de suite. Alors oui, parfois j’ai envie de dire « c’était mieux avant »".

A voir jusqu’au 21 septembre

Intitulée « Mes années 70 – clichés de campagne », l’exposition, qui aurait dû ouvrir en décembre 2020, est à voir à l’écomusée de la Bintinais jusqu’au 19 septembre 2021.

 

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