Rennes : manger ou prendre un verre en terrasse, l'ouverture tant attendue des bars restaurants

Cruel printemps, trois mois de beau temps et impossible de prendre un verre en terrasse! Aujourd'hui sonne enfin la réouverture des bars et des restaurants, fermés depuis le 17 mars. Sous le soleil, on ressort les tables et les chaises, les clients attendent déjà. Oui, mais il y a des règles.

Les terrasses aussi nous ont beaucoup manquées
Les terrasses aussi nous ont beaucoup manquées © B. Van Wassenhove / France Télévisions

Un couple se dirige vers une table libre sur la terrasse du Bibiche Club, sur le Mail de Rennes. François Rocul, le copropriétaire du restaurant veille au grain : "Bonjour! Un moment messieurs-dames s'il vous plait! Attendez derrière le panneau là-bas qu'on vous place. Pendant ce temps-là on nettoie les tables, merci!"

Désinfectant en poche, François entreprend le nettoyage de la table et des chaises, le couple va se placer dans la petite file d'attente "derrière le panneau". Dix petites minutes d'attente, qui s'ajouteront aux trois mois écoulés... une paille, pour un verre en terrasse, enfin!
 
"un Pschittt citron pour la deux !"
"un Pschittt citron pour la deux !" © BVW - FTV
 

La longue attente


Le Bibiche Club c'est une vingtaine de tables en terrasse, espacées comme il faut, et c'est plein. Une cinquantaine de clients. Robes légères, chapeaux de paille et verres fumés, c'est l'été. "Un café? un dessert? demande Julie à une table voisine... Sûrement! ça fait trois mois qu'on attend ça!" C'est Anaïs qui répond. Elle est avec deux amies, elles profitent.  
 

Je suis infirmière au CHU, j'ai travaillé aux urgences pendant la crise sanitaire. Déjeuner en terrasse, ça fait tellement plaisir, on revit! On ne voulait pas rater ça! on voulait être sûres d'avoir une table, alors c'est simple, nous sommes arrivées ici les premières! - Anaïs


Les premières sur les terrasses du Mail ce matin, c'était surtout les équipes de la ville de Rennes pour l'organisation des espaces. Julie Blondeau qui gère le Bibiche avec François Rocul explique: "Il faut garder un mètre de distance entre chaque table. Notre zone impartie ne nous aurait permis d'installer qu'une dizaine de tables, moitié moins que d'habitude. La mairie nous autorise à déborder raisonnablement de notre périmètre, en accord avec les voisins. En ce qui nous concerne nous avons pu installer toutes nos tables".  
 

Réorganisation


C'est que le Bibiche Club sert "à table", pour quelques autres bars-restaurants du Mail, il a fallu se réorganiser. Aux Grands Gamins, Jérémy explique qu' "il y aura dès ce soir une personne pour gérer "les flux", pour l'activité bar-tapas. Il faudra d'abord être accueilli et assis par un de nos serveurs, puis un des clients d'une table ira commander au bar, masqué et seul. Entrée par une porte, sortie par l'autre."
 
"Sic transit cervisa mundi" aux Grand Gamins
"Sic transit cervisa mundi" aux Grand Gamins © BVW / FTV


Au Coin Mousse, c'était aussi commande au bar. Mais ça c'était avant. "On est tous très heureux de se retouver, mais pas n'importe comment. On a condamné l'accès à l'intérieur. Maintenant on servira en terrasse, pas de problème de ce côté-là, nos barmen savent manier le plateau. Pour commander, il faudra impérativement être assis" explique Nicolas Cherkesly. Pas de chaise; pas de bière.
 

Mais bon, le problème ce ne sera pas à l'ouverture à 17h, ce sera plutôt vers 23h30 quoi... Gérer les mouvements vers les sanitaires par exemple ou tout simplement l'enthousiasme de nos clients. On va les prévenir, à minuit quinze, on range la terrasse et là il faudra avoir fini sa bière - Nicolas Cherkesly, Coin Mousse

 
Romain, Laurent et Nicolas installent la terrasse du Coin Mousse
Romain, Laurent et Nicolas installent la terrasse du Coin Mousse © BVW - FTV


La vente à emporter reste possible. Dans un récipient fermé, et impérativement avant 21h sur le Mail, 20h dans le centre-ville. Beaucoups de bars-restaurants du Mail sont exigus à l'intérieur, où il n'y a que quelques tables. Ils font le gros de leur chiffre "dehors", en terrasse.

"On va déborder un peu, mais pas de beaucoup" nous dit Adrien Peyret du O'Retroviseur, rue Poullain du Parc dans le centre. "Un truc m'inquiète, il y a tellement d'attente avec la réouverture des bars-restaurants et des terrasses, j'ai peur que des clients soient frustrés de ne pas pouvoir boire un verre parce qu'il n'y a plus de place assise, ni dedans, ni dehors, ni nulle part en ville..."

 
L'humour légendaire du O'Rétroviseur
L'humour légendaire du O'Rétroviseur © BVW / FTV


Nicolas passait au O'Rétroviseur, chercher un hot dog à emporter. "On faisait de la vente à emporter le midi depuis quinze jours, explique Laura Doche-Villenave co-propriétaire du O'rétro avec Adrien. On arrête le take-away, on ne servira à manger que le soir. Du simple et du bon, en attendant de voir comment ça reprend, on s'adapte. C'est l'idée ici, on est inventif, on fait avec, et ça nous plait bien comme ça".
 

Ce soir on sera tous là, nous deux, Adrien et moi, et nos quatre employés. On n'a pas besoin d'être autant ce soir, mais on veut être ensemble. C'est comme si on redémarrait notre affaire de zéro, comme il y a neuf ans. Laura Doche-Villenave, O'Rétroviseur

 

O'Rétroviseur
O'Rétroviseur © BVW / FTV


Nicolas, qui travaille à proximité repart bredouille de son hot dog. "Pas grave, je trouverai ailleurs" Et quand on lui demande s'il va sortir ce soir... "Oh non, pas tout de suite, je vais attendre un peu... J'aimais bien moi quand c'était calme, la campagne à la ville, pas de voitures, pas de bruit... Ce soir je vais plutôt me tenir à distance de tout ça, pour l'instant".
 

Le petit café entre potes


Laurent et Hugo sont assis en terrasse au Benédicte, place Saint-Germain. Shorts, espadrilles, à l'ombre. Ils sont musiciens, hautbois solo et percussions, donnent leurs cours en visiotransmission. Pour l'instant, c'est l'heure d'un petit café en terrasse. 
 
Pause-café au Bénédicte pour Laurent et Huggo
Pause-café au Bénédicte pour Laurent et Huggo © BVW - FTV


"Pendant le confinement, j'ai redécouvert mon quartier, j'ai parlé avec mes voisins, on a joué aux balcons avec des collègues, nous dit Laurent. Mais c'était toujours avec cette distanciation, ce recul qu'on s'oblige à chaque fois qu'on échange avec quelqu'un, ce n'était pas naturel. Je pouvais voir des gens, des voisins, mais pas mes copains. Là c'est quand même chouette de pouvoir s'assoir en terrasse, et discuter tranquillement avec un ami".

Léo Gouesnard, co-gérant du bar Les Petits Papiers juste à côté ne dit finalement pas autre chose, les bars font oeuvre utile : "Les bars, ce n'est pas simplement une activité de substitution, les gens ont besoin de se voir, de se retrouver dans des lieux comme les nôtres!" 

"On ne va pas reprendre tout de suite l'activité restaurant des Petits Papiers nous dit Léo. On va attendre de voir comment ça se passe, on se donne une semaine. De tout façon là, on se doute bien, ça va être surtout une grosse activité apéro". Et retrouvailles entre amis.

Yves Gardelle gère le Seven, de l'autre côté de la place Saint-Germain. Il faisait une cinquantaine de plats à emporter par jour pendant le confinement. Yves est bonhomme, il agite, désinvolte, un rappel de TVA reçu ce matin. "On demande si on peut s'arranger, retarder un peu les échéances, et on reçoit ça... Bah c'est pas grave".

 
Saucisse séche, Chorizo, Figatelli, et un patron ragaillardi au Seven
Saucisse séche, Chorizo, Figatelli, et un patron ragaillardi au Seven © BVW - FTV
 

Je suis très heureux de rouvrir le restaurant. Mais tout ça m'a fait réfléchir. Je ne veux plus courir en permanence, je veux reprendre du temps, ne pas stresser... Je ne veux plus m'inquiéter, juste ouvrir mon restaurant, faire une cuisine de rue, fraîche. Servir simplement mes clients. - Yves Gardelle, Le Seven


Les quelques tables sont là, sur un joli trottoir tout refait de neuf.
Elles attendent le chaland.


 
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