Rennes : mobilisation devant le centre de rétention pour la libération de Papou

Mobilisation devant le centre de rétention de Rennes St-Jacques / © France 3 Bretagne
Mobilisation devant le centre de rétention de Rennes St-Jacques / © France 3 Bretagne

Plusieurs associations de défense des migrants mobilisées ce vendredi midi devant le centre de rétention administrative de Rennes. Elles dénoncent les expulsions abusives de jeunes migrants. Certaines avaient fait le déplacement de Brest, pour exiger la libération d’un jeune Ivoirien.

Par Krystel Veillard avec l'AFP

Mobilisation aujourd’hui de plusieurs associations de défense des migrants, la Cimade, le collectif des sans-papiers, Un toit c'est un droit. Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées devant le centre de rétention administrative de Rennes-Saint-Jacques. Elles dénoncent le non-respect du droit concernant les mineurs étrangers, et déplorent plus globalement une pratique abusive des expulsions, "hors de tout cadre légal", de ces jeunes placés en rétention.

Des Brestois à Rennes pour demander la libération de Papou


Certaines de ces  associations avaient fait le déplacement de Brest pour exiger la libération d’un jeune Ivoirien prénommé Papou. Actuellement détenu au centre de rétention, il risque à tout moment d’être expulsé alors que pendant dix mois, le jeune homme a été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance du Finistère. Il a déposé un recours -non suspensif- pour faire reconnaître sa minorité. "Selon ses documents d'état-civil, il est né en 2000. L'authenticité de ces documents, certifiés par l'ambassade de Côte d'Ivoire en France, n'est pas remise en cause par l'administration", précise un membre de la Cimade.

 

L'interview de Marie-Hélène Moy, de la Cimade
L'interview de Marie-Hélène Moy, co-présidente de la Cimade à Rennes Réaction recueillie par Benoît Le Vaillant et Lionel Bonis

Multiplication de placements en rétention d'étrangers "dublinés"


L'expulsion de mineurs est illégale et le tribunal administratif de Nice a donné tort fin février sur ce motif au préfet des Alpes Maritimes. Les manifestants dénonçaient aussi la multiplication de placement en rétention d'étrangers "dublinés". La procédure dite de Dublin confie le traitement d'une demande d'asile au premier pays où la personne a été enregistrée. Or, de nombreux demandeurs d'asile sont entrés en Europe via la Grèce ou l'Italie, pays vers lesquels la France cherche à les renvoyer.

Des interpellations et des expulsions accélérées


Au CRA de Rennes, qui dispose de 46 places pour hommes, 36 "dublinés" ont été placés en rétention depuis le début de l'année. "Les personnes sont convoquées, officiellement pour examen de leur situation administrative. Là, elles sont interpellées et transférées au CRA. Pour leur empêcher tout recours, on note une accélération des cas où la personne arrive tard le soir et est expulsée dès le lendemain matin", à des horaires où les représentants de la Cimade, qui assure une permanence juridique à l'intérieur du centre de rétention, sont absents, explique Paul Chiron, juriste de l'association.

"Détournement total de la procédure"


Dans ces conditions, ces personnes ne peuvent comparaître devant le Juge de la détention et des libertés (JLD), constate la Cimade, selon laquelle "il y a un
détournement total de la procédure". "Actuellement, on est à flux tendu et les préfets de battent pour des places"
 au CRA, indique le juriste, citant l'exemple d'un jeune Afghan vivant à Pau, placé en rétention à Rennes et remis en liberté après passage devant le JLD. Il a également cité le cas de trois "dublinés", entrés en Europe par l'Italie, expulsés de Rennes vers Bologne "à bord d'un avion affrété spécialement pour eux".

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