Rennes : un clip du collectif inter Hôpitaux interpelle Emmanuel Macron sur ses promesses

Un an après un discours dans lequel Emmanuel Macron affirmait son engagement à lutter contre la pandémie de COVID 19, le Collectif Inter Hôpitaux diffuse une vidéo pour interpeller le Président de la République :un message réalisé à Rennes pour rappeler ses propos tenus le 12 mars 2020.
 

Une capture du clip adressé à Emmanuel Macron
Une capture du clip adressé à Emmanuel Macron © DR

Dans une allocution d'Emmanuel Macron, le 12 mars 2020,  au début de la crise sanitaire de la Covid-19, le Président de la République  évoquait la santé gratuite pour tous. "Ce que révèle d'ores et déjà cette pandémie, c'est que la santé gratuite sans condition de revenus, de parcours ou de profession , notre état providence, ne sont pas des côuts ou des charges mais des biens précieux et des atouts indispensables quand le destin frappe."

Un an après, le collectif inter hôpitaux revient sur cet engagement et interpelle son auteur dans un clip diffusé sur les réseaux sociaux et réalisé à Rennes. 

Nous avons compris, qu'il y avait des biens et des services qui devaient être placés en dehors des lois du marché, nous sommes au rendez-vous et vous ?

collectif inter hôpitaux

Dans la vidéo intitulée "Lettre au président de la République des soignants épuisés" diffusée sur Youtube, on peut entendre les engagements de l'époque d'Emmanuel Macron puis se succèdent des visages de personnels hospitaliers tenant des pancartes qui reprennent mot pour mot le discours présidentiel avec en musique de fond, la chanson "foule sentimentale" d'Alain Souchon. Une façon de lancer un appel pour que les engagements soient tenus.

Cécile Farges, pédiatre urgentiste, membre du collectif a dressé un sombre constat de l'état des hôpitaux publics. "Il y a toujours des manques de lits et d'effectifs" déclare-t-elle dans le JT de France 3 Bretagne, "les moyens ne sont pas à la hauteur ni les salaires ni la gouvernance. Les structures étaient déjà délabrées avant la Covid, je ne sais pas comment cela sera après la crise !

Cécile Farges, pédiatre-urgentiste, membre du collectif inter hôpitaux, invitée sur notre plateau ce midi.
Cécile Farges, pédiatre-urgentiste, membre du collectif inter hôpitaux, invitée sur notre plateau ce midi. © France3 Bretagne

Il faut nous laisser du temps : la rentabilité ne rime pas avec humanité

Cécile Farges, collectif inter hôpitaux

Dans les services d'urgence, les personnels soignants sont toujours présents mais ils sont fatigués, on reste humain mais la crise est longue, on ne voit pas la fin du tunnel, a t-elle ajouté.

"Ca se voit dans tous les services : soit il manque une garde, un médecin ou une infirmière, on réajuste au quotidien les effectifs comme un jeu de dominos pour faire face "! rajoute la professionnelle.

"Je veux remercier Emmanuel Macron car il a fait le bon diagnostic sur les hôpitaux mais je lui demande de nous laisser soigner" poursuit la pédiatre, "je ne veux pas qu'on continue à rentrer à la maison en ayant l'impression d'avoir mal fait car on a fait trop vite. Il faut nous laisser du temps : la rentabilité ne rime pas avec humanité.

Un chiffre alarmant pour prendre la mesure du malaise : il y a 15 000 postes vacants en France dans les hôpitaux publics. Le secteur est de moins en moins attractif de par les salaires et les conditions de travail. Beaucoup de gens s'en vont et les recrutements ne sont pas au rendez-vous. 

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