Témoignage. Ces startups bretonnes qui participent au CES à Las Vegas

Le CES, salon mondial de l’électronique grand public, se tient jusqu'au 12 janvier à Las Vegas. Elles sont une petite quinzaine d'entreprises bretonnes à participer cette année à ce grand rendez-vous high-tech. Nous avons demandé à deux d'entre elles, Emova et DeepHawk, ce que cela pouvait leur apporter en terme de développement.

Le CES (Consumer Electronics Show), la grand-messe de l'innovation technologique prendra fin ce 12 janvier à Las Vegas, après quatre jours d'effervescence, après les années creuses du Covid et une édition 2023 en demi-teinte. Pour l’édition 2024, 130 000 visiteurs et 4 000 exposants étaient attendus. Côté français, plus de 150 startups ont fait le déplacement. Et parmi elles, une petite quinzaine d’entreprises bretonnes, dont dix accompagnées par Bretagne Commerce International (BCI) : Secure-IC, Energiency, Emova, ILO Robot, WedoLow, DeepHawk, NeoVoice et Ochy, toutes issues du bassin rennais, mais aussi AR[t] Studio (Trégunc, 29) et EHM - Efficient Hydrogen Motors (Châteaulin, 29).

Alors qu'elles entament leur dernière journée sur le salon, deux d'entre elles ont accepté de nous donner leurs impressions. 

Emova vous permet de créer un jumeau numérique 

La start-up de Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine) compte neuf salariés. Elle permet en quelques selfies de se créer un avatar de soi-même pour faire de l'essayage virtuel de produits en ligne, autour du visage et de la main (montres, cosmétiques, lunettes, accessoires, cheveux…). Cette solution permet de résoudre les problèmes de l’essayage virtuel en réalité augmentée en permettant de se voir sous un autre angle, avec différentes lumières et contextes. L’achat virtuel et réel des produits, sur mobile, tablette et ordinateur se fait en temps réel. La qualité produit est inégalée (scintillements, reflets, densité des métaux, fonds de teint avec transparence et profondeur, précision d’application du rouge à lèvres, choix des matières et variation des rendus selon la lumière…).

"Nous sommes la première solution d’essayage virtuel sur la base de votre avatar réaliste. À la différence de la réalité augmentée, nous permettons des angles de vues différents et nombreux (là ou la RA n’offre qu’une vue frontale), des variations d’ambiances lumineuses (voir le produit sur vous avec un rendu différent) alors que la RA ne propose que la lumière de la prise de vue, un rendu des articles essayés de bien meilleure qualité (nous utilisons UNREAl engine, moteur de jeu réaliste en temps réel) alors que la RA propose du WebGL, vieille technologie de rendu assez peu réaliste", explique Gaël Seydoux, dirigeant et co-fondateur d'Emova. 

Nous sommes la première solution d’essayage virtuel sur la base de votre avatar réaliste. A la différence de la Réalité augmentée, nous permettons des angles de vues différents et nombreux, des variations d’ambiances lumineuses, un rendu des articles essayés de bien meilleure qualité.

Gaël Seydoux

Dirigeant d'Emova (Cesson-Sévigné)

Ce qu'il attend de ce rendez-vous de Las Vegas ? "De la visibilité (en France principalement et aux US/Asie), des rencontres (investisseurs et clients) et du networking. La reconnaissance du pavillon France et du label French Tech booste notre positionnement et nous donne plus de crédibilité. Nous sommes labellisés Deep Tech par BPI cela renforce", poursuit le chef d'entreprise. 

Dans la dernière ligne droite du salon high-tech, Gaël Seydoux donne ses impressions : "Nous n’avons pas découvert de concurrence frontale mais beaucoup d’appétence pour notre solution. Nous allons enchaîner dimanche avec la NRF, le rendez-vous incontournable des tendances du retail américain, et cela devrait se confirmer".  

Avec son innovation, Emova ouvre la voie en matière d’avatar réaliste. Une technologie qui semble avoir beaucoup d’avenir dans de nombreux domaines (essayage virtuel, assistant virtuel, gaming ou chirurgie esthétique). 

L'intelligence artificielle, vedette du CES de Las Vegas

DeepHawk, une solution de contrôle visuel

Le contrôle de qualité constitue une étape cruciale sur toute chaîne de production. Pour répondre à cet enjeu majeur, la start-up DeepHawk de Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), propose aux industriels une solution de contrôle visuel performante, rapide et flexible. Grâce à un type particulier d’intelligence artificielle, elle peut détecter des anomalies sur des pièces mécaniques et électroniques. Gilles Allain, dirigeant et co-fondateur de l'entreprise explique comment : "Notre IA fait du contrôle visuel de qualité pour l'industrie manufacturière de manière beaucoup plus rapide et performante. L'apprentissage ne prend que 30 minutes, contre 3 semaines pour nos concurrents qui doivent préparer des milliers de photos. Ces résultats sont dus à une architecture nouvelle et brevetée, de type frugal, qui est capable d'apprendre avec beaucoup moins de données et donc de travailler plus intelligemment et en consommant moins de ressources informatiques, réduisant ainsi son impact carbone".

Notre IA fait du contrôle visuel de qualité pour l'industrie manufacturière de manière beaucoup performante. L'apprentissage ne prend que 30 minutes, contre 3 semaines pour nos concurrents qui doivent préparer des milliers de photos. Ces résultats sont dus à une architecture nouvelle et brevetée, qui est capable d'apprendre avec beaucoup moins de données et donc de travailler plus intelligemment et en consommant moins de ressources informatiques, réduisant ainsi son impact carbone.

Gilles Allain

Dirigeant de DeepHawk (Cesson-Sévigné)

Cette grand-messe de l'innovation est, selon lui, un énorme gain de temps : "Le CES nous permet en 4 jours, et sur un seul site, de rencontrer nos clients, partenaires et investisseurs potentiels, pour un coût en argent et en temps beaucoup plus faible que si nous devions nous déplacer pour les voir individuellement".

Quels bénéfices en a-t-il tirés ? "Nous avons beaucoup appris sur les problèmes rencontrés par nos clients, et sur les performances très insuffisantes qu'ils ont mesurées en testant les solutions de nos concurrents, avec des temps d'apprentissage trop longs et des taux de faux positifs très élevés. Ce domaine est en plein développement. Beaucoup de fournisseurs tentent leur chance mais seuls quelques-uns vont réussir à apporter des performances convaincantes. DeepHawk fait déjà partie de ceux-là", conclut-il, ravi de l'expérience américaine. 

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