Publié le Écrit par Benoit Thibaut

Comment réagir face au harcèlement scolaire, quand on est victime ou témoin ? Oser en parler, comment, à qui ? Cette délicate question est au cœur de l’échange entre des élèves du lycée Chateaubriand et la référente contre le harcèlement pour l’académie de Rennes.

Le harcèlement scolaire touche un élève sur trois dans les écoles primaires. Au collège, un élève sur cinq en est victime. Au lycée, c’est plus d’un sur dix. Des enfants en souffrent, d'autres en meurent.

Pour aborder cette problématique, des élèves de secondes du lycée Chateaubriand de Rennes offrent leurs témoignages. Ils vont pouvoir se confier à la journaliste Laurence Postic et poser des questions à la référente contre le harcèlement scolaire de l’académie de Bretagne, Laëtitia Veiras.

Ne pas laisser la place au silence

“Cela peut arriver à tout le monde et il faut savoir comment réagir”, introduit Kayla, élève en classe de seconde. À ses côtés, le visage baissé, son camarade de classe Clovis poursuit : “Vraiment beaucoup de gens sont touchés, c’est important d’en parler”.

Lire : Des ateliers pour apprendre à réagir face au harcèlement scolaire

Un sujet important, mais compliqué à aborder. Les victimes n’osent pas se livrer, souvent terrorisées par des menaces au quotidien. Les autres élèves peuvent avoir peur d’évoquer les faits, se disant que ce n’est pas leur problème, que cela ne les concerne pas. “On se dit que ce ne sont pas nos affaires ou que l’on ne connaît pas toute l’histoire”, souffle Naomie.

Quand un témoin entend une “blague” une fois, la victime peut en entendre des dizaines par semaine ou par jour.

Laëtitia Veiras, référente anti harcèlement scolaire, académie de bretagne

Cependant, il faut parler, ne pas se taire. “Quand un groupe d’élèves rigole d’un camarade, il faut se mettre à la place de l‘autre”, annonce Laëtita Veiras. “Avec l’effet de groupe, l’un commence et d’autres surenchérissent”. Quand un témoin entend une “blague” une fois, la victime peut en entendre des dizaines par semaine ou par jour. “Il y a toujours quelqu’un qui entend et qui voit. Le rôle de chacun est de ne pas aggraver la situation ou de signaler un comportement pour que des adultes puissent arranger les choses”.

Des adultes formés à repérer le harcèlement scolaire

La référente Harcèlement de l’académie de Bretagne rassure les élèves. S’il faut oser en parler, ce n’est pas à eux de tout gérer. Dans chaque collège et lycée cinq professionnels, enseignants ou membres de l’équipe de l’établissement sont maintenant formés pour écouter les doutes d’élèves sur des possibles situations de harcèlement, mais également pour les repérer. “Ce n’est pas nouveau pour l’éducation nationale de faire face au harcèlement scolaire, mais maintenant, nous sommes mieux outillés”. Du personnel ayant suivi des formations et un numéro de téléphone, le 3018, qui fonctionne également avec une appli smartphone pour envoyer des messages.

En primaire, les enfants ne se rendent pas compte de la puissance des mots qu’ils utilisent et des actes qu’ils peuvent faire.

Kayla, élève de seconde au lycée Chateaubriand de Rennes

“Il faut oser parler, il faut l’utiliser sans risque d’en abuser”, sourit Laëtitia Veiras. Ces élèves du lycée Chateaubriand de Rennes ont tous plus ou moins vu des situations de harcèlement durant leur scolarité.  “En primaire, les enfants ne se rendent pas compte de la puissance des mots qu’ils utilisent et des actes qu’ils peuvent faire”, souligne Kayla.

Pas toujours facile d'en parler à la maison

“C’est difficile d’en parler à la maison”, remarque Naomie. “Cela fait partie des sujets tabous. C’est plus simple si c’est un ami qui en parle à nos parents”. Tous opinent de la tête. “Il faut vraiment que la relation avec les parents soit très très bonne pour pouvoir en parler directement”, appuient Clovis et Albanne.

Cela fait partie des sujets tabous.

Naomie, élève de seconde au lycée Chateaubriand de Rennes

“Les parents font partie de vos alliés. Certains vont commencer par se mettre en colère, car ils ne savent pas comment réagir, mais leur en parler est essentiel”, insiste délicatement l’experte en harcèlement. “L’éducation nationale travaille avec la justice. Il faut des réparations pour les victimes et des sanctions pour les agresseurs”, détaille Laëtitia Veiras. La spécialiste le répète aux élèves autour d’elle, le harcèlement scolaire est un délit. En parler est une priorité.

Avec son nouveau dispositif contre le harcèlement, l’école accompagne les élèves harcelés et les élèves harceleurs. “Les agresseurs sont souvent des élèves qui subissent des situations problématiques en dehors du cadre scolaire. Ils arrivent à l’école avec des troubles, ils ne doivent être oubliés”. 

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