Fin des licences provisoires pour pêcher à Jersey. L'inquiétude des pêcheurs

Le 30 septembre, des dizaines d'autorisations provisoires pour pêcher au large des îles anglo-normandes deviennent obsolètes. Rendant l'avenir et les investissements de nombreux pêcheurs incertains. Un paradoxe au moment où l'Etat distribue des aides pour acheter des bateaux de pêche plus propres.

Pêcher dans les eaux britanniques pour les Français : la mer à boire ! Suite au Brexit, des autorisations provisoires avaient été accordées à certains bateaux français pour accéder aux eaux territoriales britanniques.

Mais des dizaines de licences provisoires accordées pour pêcher au large des îles anglo-normandes expirent le 30 septembre. Et les patrons-pêcheurs ne savent toujours pas si leurs autorisations sont prorogées ou non. Un doute qui persiste depuis janvier 2021.

"Rien n’avance. Apparemment les Normands ont eu des réponses à leurs demandes mais pas nous", s’agace Loïc Escoffier, patron-pêcheur à Saint-Malo. A la tête d’une flottille de trois bateaux de pêche, le chef d’entreprise s’exaspère de ne pouvoir se projeter dans l’avenir. "Ça fait plus de 200 jours qu’on est dans le flou. J’ai 30 salariés et un armement à faire tourner. Il faudrait qu’on sache si on peut commencer à travailler en octobre."

Des autorisations définitives

En début d’année, la France a obtenu 47 autorisations définitives à Jersey et 169 licences provisoires. Paris demande des autorisations définitives pour ces 169 navires de moins de 12 mètres. Les autorités de l'île, elles, se déclarent prêtes à repousser le délai au 31 janvier pour ceux qui auraient encore des justificatifs à fournir.

Une hypothèse inacceptable pour les pêcheurs français, qui affirment avoir tout donné pour les petits bateaux non équipés en système de géolocalisation : journal de pêche, cartes des trajets transmises lors des sorties, chiffres des ventes etc...

Il nous faut des réponses définitives pour savoir si on peut changer certains bateaux, en acheter d’autres.

Loïc Escoffier.

Avec Guernesey, la situation est un peu moins tendue. Seules des licences provisoires ont été accordées à 168 navires et 64 demandes sont en attente, dont 46 pour des bateaux de 12 mètres et plus. Mais Guernesey n'a pas fixé de date butoir et renouvelle chaque mois les licences provisoires.

"Il nous faut des réponses définitives pour savoir si on peut changer certains bateaux, en acheter d’autres", poursuit Loïc Escoffier.


Des éclaircissements nécessaires pour stimuler les investissements

Alors que l’Etat français propose des aides financières pour améliorer les performances énergétiques des bateaux de pêche, l’armateur malouin regrette l’incertitude qui brouille l’horizon. "On devait remplacer le Sirocco par un bateau à hydrogène. On avait trouvé les financements mais on ne sait pas où on va. On a l’impression d’être abandonnés."

Et les difficultés s’étendent bien plus loin que les îles anglo-normandes. Dans la zone poissonneuse située entre 6 à 12 milles des côtes britanniques, du sud de la Mer du Nord au pays de Galles, l'accord européen prévoit un accès garanti aux navires qui s'y rendaient déjà pendant la période de référence 2012-2016.

Il leur faut toutefois demander de nouvelles licences à Londres. Les pêcheurs français ont obtenu 88 autorisations définitives, mais attendent toujours une réponse pour 87 navires. Ces derniers, en attendant, n'ont aucune autorisation, même provisoire, de pêcher dans cette zone.

 

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