Jersey accorde 142 licences et en refuse 75 pour pêcher dans ses eaux territoriales

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Écrit par Catherine Deunf
Des bateaux à quai à Saint-Malo attendent l'autorisation (ou pas) d'aller pêcher dans les eaux britanniques.
Des bateaux à quai à Saint-Malo attendent l'autorisation (ou pas) d'aller pêcher dans les eaux britanniques. © Séverine Breton-France Télévisions

Les pêcheurs bretons pourront-ils continuer à travailler dans les eaux de Jersey ? L'île annonce ce mercredi accorder 142 licences à des bateaux français et en refuser 75. La liste des bateaux concernés n'est pas encore communiquée alors que les autorisations provisoires s'arrêtent ce jeudi 30.

Ce mercredi 29 septembre, Jersey annonce accorder 142 licences à des bateaux français. 75 licences sont refusées. Sur les 142 licences accordées, 111 sont définitives et 31 provisoires. Pour l’instant, les noms des bateaux concernés n’ont pas encore été communiqués par le ministère de la Mer.

Une épée de Damoclès au-dessus de la tête des patrons-pêcheurs français et entre autres bretons qui avaient l’habitude de pêcher dans les eaux territoriales de Jersey. Ce jeudi 30 septembre, les autorisations provisoires accordées par Jersey à des dizaines de bateaux français pour pêcher dans ses eaux vont expirer. Sans ces licences, c’est tout leur modèle économique qui chavire.

Ça suffit, il y en a marre.

Loïc Escoffier, armateur à Saint-Malo.

Invité du 12/13 France 3 Bretagne, Loïc Escoffier, à la tête d'une flotte de trois bateaux de pêche à Saint-Malo, exprimait une fois de plus son ras le bol face au manque de visibilité de sa profession. "Ça suffit, il y en a marre. On l'a déjà dit à la ministre de la Mer et à Michel Barnier ( NDLR : chargé des négociations du Brexit pour l'Europe). Il faut que nos représentants fassent leur boulot. On repoussse sans arrêt." Et de rappeler qu'un marin en mer fournit cinq emplois à terre.

Après le Brexit, un dispositif transitoire avait été mis en oeuvre, le temps de mettre en place le nouveau dispositif prévu par l'accord commercial conclu in extremis en fin d'année dernière entre Londres et Bruxelles. Celui-ci prévoit que les pêcheurs européens pourront continuer à se rendre dans certaines eaux britanniques à condition d'obtenir une licence, accordée s'ils peuvent prouver qu'ils y pêchaient auparavant.    

Les autorités de l'île ont établi une nouvelle date butoir pour les négociations, désormais fixée au 31 janvier 2022, pour tous les navires ayant encore des justificatifs à fournir. Les 75 bateaux recalés devront "cesser toute activité de pêche dans les eaux de Jersey dans un délai de 30 jours", selon le gouvernement jersiais, qui précise que dans ce délais d'un mois, les autorités continueront de recevoir et d'examiner toute nouvelle pièce ou donnée présentée.
    

Une hypothèse inacceptable pour les pêcheurs français, qui affirment avoir tout donné pour les petits bateaux non équipés en système de géolocalisation : journal de pêche, cartes des trajets transmises lors des sorties, chiffres des ventes...

Tout bateau dont l'activité économique dépendait de la pêche dans les eaux jersiaises (...) se verra délivrer une licence.

Le ministre de l'Environnement de Jersey, John Young.

"D'ici là, les autorités jersiaises continueront néanmoins de recevoir et d'examiner toute nouvelle pièce ou donnée présentée", a précisé le gouvernement local.
"Délivrer ces licences dans les tout prochains jours nous permettra de veiller à ce que l'effort de pêche dans nos eaux reste comparable à la situation qui prévalait avant le Brexit : tout bateau dont l'activité économique dépendait de la pêche dans les eaux jersiaises, y ayant exercé une activité antérieure régulière et qui a été en mesure d'en justifier se verra délivrer une licence", a souligné le ministre de l'Environnement de Jersey, John Young.
    
Le ministre des Affaires extérieures de Jersey, Ian Gorst, a quant à lui mis en avant "l'approche pragmatique, raisonnable et basée sur des éléments concrets,
en prolongeant la période de transition à plusieurs reprises jusqu'à présent, alors que l'accord post-Brexit ne l'imposait pas".


Début mai, des dizaines de bateaux de pêcheurs normands et bretons s'étaient massés devant le port de Saint-Hélier à Jersey pour défendre leur droit de continuer à pêcher dans ces eaux, provoquant l'envoi par Londres de deux patrouilleurs pendant quelques heures.

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