Notre-Dame-des-Landes : les salariés du groupe Beaumanoir invités par leur patron à s'engager

Roland Beaumanoir en 2010 / © Thomas Boucher/Maxppp/MAXPPP
Roland Beaumanoir en 2010 / © Thomas Boucher/Maxppp/MAXPPP

Mi-novembre, le fondateur et le président-directeur général du groupe Beaumanoir a envoyé un courrier peu commun à plus de 800 de ses salariés. Il y explique son soutien au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, et invite "les plus volontaires" à "communiquer largement" ces arguments.

Par V.Chopin

C'est un message pour le moins inhabituel que des salariés du groupe Beaumanoir ont trouvé dans leur boîte aux lettres électronique le 16 novembre dernier. Un courriel de leur patron, qui tenait à leur faire-part de son point de vue sur un sujet d'actualité : "Beaucoup d'entre vous connaissent mon attachement à la Bretagne et au développement des emplois dans notre grande région, commence Roland Beaumanoir.

Le lien avec l'aéroport est encore lointain, mais très vite, le PDG interpelle ses salariés : "Je m'interroge comment vivra votre génération dans dix ans, vingt ans... Travaillez-vous tous à Paris, devrez-vous allez chercher votre avion pour votre travail ou vos loisirs, à Paris, à Beauvais ?"

Par la voie des salariés


"Chez moi, la moyenne d'âge se situe entre 30 et 40 ans", nous explique Roland Beaumanoir, joint par téléphone. Son groupe (Cache Cache, Breal, Bonobo, Scottage, Morgan Vib’s) compte près de 6.000 personnes. Tous n'ont pas reçu son courrier. "Ça a été assez vite fait. Je l'ai principalement adressé à ceux qui travaillent dans le quart nord-ouest de la France." Au total, plus de 800 salariés ont eu droit à cet argumentaire.

"Si je vous écris tout ça, c'est parce que la Bretagne a besoin de vous et de votre énergie" continue sa lettre. Le patron malouin ne s'en cache pas : il est très proche de l'association Les Ailes de l'Ouest et est engagé "lourdement" en faveur de l'aéroport de Notre-Dame des Landes. Pourquoi choisir de s'adresser à ses salariés ? "Leur voix peut être plus facilement audible" admet Roland Beaumanoir. "Les médias opposent bien souvent d'un côté les écolos, de l'autre les notables. Les salariés sont importants, leurs avis doivent porter !"

Son courrier se termine d'ailleurs par une invitation : "Personne ne doit se sentir obligé d'épouser mon point de vue. Mais pour les plus volontaires, je vous invite à lire l'argumentaire (en PJ) et à le communiquer largement sur les réseaux sociaux."


"Ce n'est pas politique, c'est la vie !"


Une invitation qui pose question : Roland Beaumanoir est-il à sa place en argumentant ainsi auprès de ses salariés ? "J'exprime mon point de vue ! rétorque-t-il. Je trouve que beaucoup de mes collègues ne s'expriment pas assez ! Cela relève de notre responsabilité." Tous ne partagent pas ce point de vue. "C'est un sujet politique ! Cela n'a rien à faire dans l'entreprise..." nous dit-on anonymement côté salariés. "Ce n'est pas politique, c'est la vie !" nous répond leur patron.

Côté calendrier, ce courrier a été envoyé, un mois avant d'importantes échéances. Le rapport, commandé par Edouard Philippe, à trois médiateurs doit être remis le 13 décembre au Premier ministre. L'exécutif devant ensuite rendre sa décision avant la fin de l'année. "Le président Macron gouvernera-t-il ou cédera-t-il à deux cents altermondialistes ?" interroge Roland Beaumanoir, dans un courrier qu'il a aussi envoyé à son "réseau" de contacts personnels. Une nouvelle fois, le PDG de Beaumanoir prend position et n’hésite pas à diffuser son point de vue

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