Excessives, les marges de la grande distribution?

Certains produits auraient vu leurs prix grimper de façon injustifiée, comme les côtes de porc. Réactions en Bretagne.

Grandes distribution: des marges excessives

Selon le premier rapport de l'Observatoire des prix et des marges, la marge brute des distributeurs alimentaires serait très confortable.

Basée sur 29 produits de marque et de grande consommation, l’étude de la CLCV met en évidence des disparités de hausses incompréhensibles entre les hypers, supers et supérettes, + 3,27% dans les hypers et + 2,16% dans les supérettes.

Les hypermarchés et les supérettes sont pointés du doigt dans un rapport de l'Observatoire des prix et des marges sur les produits agricoles. Celui-ci reproche notamment aux distributeurs d'appliquer des hausses de prix injustifiées sur plusieurs produits alimentaires. Le rapport s'est attaché à l'évolution des marges brutes: ainsi, entre 2001 et 2011, la marge brute de la distribution en grands magasins spécialisés a augmenté de près d'un tiers pour l'emmental, d'environ 50% pour la côte de porc et de quasiment 100% pour le beurre en plaquette.
Le jambon dont "la moitié du prix vient des marges de la grande distribution"

Aux yeux de Bruno Le Maire, "il y a des marges excessives sur un certain nombre de produits dans la grande distribution". Le ministre a cité mardi matin sur France Info, l'exemple du jambon dont "la moitié du prix vient des marges de la grande distribution. Cela me paraît tout à fait excessif. Cela veut dire que le consommateur se retrouve lésé et l'éleveur, qui connaît actuellement des difficultés importantes, se retrouve lésé aussi". Et face à la grande distribution pointant "l'erreur" du rapport qui a fait ses calculs à partir des marges brutes (c'est-à-dire sans y intégrer les coûts de transport, de personnel, etc. auxquels doivent faire face les grandes surfaces, et qui ont aussi, assurent-elles, fortement augmenté), le ministre a brandi mardi son exigence de transparence : plus question de garder secrètes les marges nettes...

Le ministre a souhaité en outre qu'agriculteurs, industriels de l'agroalimentaire et distributeurs sortent "de la culture du conflit permanent". "Ce n'est pas normal qu'à chaque fois le ministre soit obligé de faire un rappel à l'ordre pour que tout le monde se mette autour de la table", a-t-il relevé. Les agriculteurs reprochent de façon récurrente aux distributeurs de s'accaparer l'essentiel de la valeur ajoutée alors qu'eux-mêmes peinent à vendre leurs produits en faisant un profit.