Légalisation du cannabis : Richard Ferrand ne ferme pas la porte à un débat

Richard Ferrand à l'Assemblée nationale - juin 2019 / © Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
Richard Ferrand à l'Assemblée nationale - juin 2019 / © Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

Le président de l'Assemblée nationale et député breton Richard Ferrand s'est dit ne pas être opposé à un débat sur la légalisation du cannabis, proposé par Boris Vallaud, porte-parole des députés PS.

Par AFP


Le porte-parole des députés PS Boris Vallaud a invité jeudi le gouvernement à "accepter un débat, notamment parlementaire", sur la légalisation du cannabis, hypothèse à laquelle n'est pas hostile le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand. "Le gouvernement, même si pour l'instant il a fermé la porte, devrait accepter qu'il y ait un débat, notamment un débat parlementaire sur ce sujet-là pour que les uns et les autres puissent se faire une opinion définitive", a suggéré le député des Landes sur France 2.    
"Un certain nombre de ceux qui soutiennent cette initiative ne sont pas des gens irresponsables et donc je crois que c'est un débat qui mérite d'être engagé", a-t-il souligné, en souhaitant un "débat éclairé" et en assurant de sa "grande confiance dans ce que peuvent nous dire les experts"
 

Une tribune de plus de 70 personnalités pour la légalisation


Plus de 70 personnalités, dont les ex-têtes de liste aux européennes Yannick Jadot et Raphaël Glucksmann, appellent les pouvoirs publics "à agir vite" pour légaliser le cannabis au nom du "pragmatisme", dans une tribune publiée mercredi dans l'Obs. Et dans un rapport iconoclaste publié jeudi, des économistes du Conseil d'analyse économique (CAE) chargés de conseiller le Premier ministre, fournissent un vademecum pour en finir avec "l'échec" de la prohibition.
    

Boris Vallaud n'a pas signé la tribune


A titre personnel, Boris Vallaud n'a pas signé la tribune car le sujet est "compliqué", il est "dans l'attente" à ce stade et "ne veut pas être dans une posture""J'entends des maires, notamment de communes dans lequel il y a des trafics, dire il faut casser ce trafic, j'entends des médecins dire que finalement la prohibition n'a pas fonctionné, et puis j'entends des forces de police dire que ça ne réglerait pas forcément les choses", a-t-il développé. Il a mis en garde aussi sur "ce que font les lobbies", parce que, assure-t-il, "autour de ces débats rôdent de grands cigarettiers".
    

Le parlement, le bon endroit pour un débat sur la question pour Richard Ferrand


Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) n'a pas non plus d'"opinion arrêtée sur ce sujet" et a invité sur Franceinfo à "respecter un processus d'analyse, d'écoute, de confrontations de points de vue, et ne pas simplement s'emballer en disant je suis pour, je suis contre". Il n'a pas fermé la porte à un débat sur le sujet à l'Assemblée. "Le Parlement, c'est précisément l'endroit où l'on débat des questions qui se posent dans la société et donc ce sujet vient maintenant à travers l'actualité que crée ce rapport, hé
bien faut s'en saisir"
. Par un débat à l'Assemblée le moment venu ? "Comme pour tous les sujets importants", a-t-il répondu.
 

Une proposition de loi signées par sept élus LREM

Auteur d'une proposition de loi pour une "légalisation contrôlée" du cannabis, cosignée par 22 députés de quatre groupes politiques et déposée jeudi, François-Michel Lambert (Libertés et territoires) a dit banco pour un débat dans l'hémicycle. "On cherche le chemin de la légalisation" mais "c'est pas en 2022 (pour la prochaine élection présidentielle), c'est en 2019", a-t-il plaidé devant la presse. Sept élus LREM ont apposé leur signature à sa proposition, ce qui a fait grincer dans les rangs du groupe majoritaire. "Soyons intelligents collectivement: c'est plutôt un sujet de campagne", d'après un responsable du groupe.  

 

Sur le même sujet

Pauline Kerscaven sur le plateau de Bali Breizh

Les + Lus