Teknival de Redon : les défenseurs de rave-party annoncent plusieurs plaintes et ripostes juridiques

Suite à l'intervention des forces de l'ordre à l'encontre de fêtards qui souhaitaient investir l'hippodrome de Redon le 18 juin dernier, des participants et associations du monde des free party annoncent que des plaintes ont été ou vont être déposées devant plusieurs juridictions.
La rave party avait eu lieu à Redon les 18 et 19 juin. Et s'était soldée par des affrontements  entre les forces de l'ordre et les fêtards.
La rave party avait eu lieu à Redon les 18 et 19 juin. Et s'était soldée par des affrontements entre les forces de l'ordre et les fêtards. © PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP

Les amateurs de musique techno et de free party ont décidé d'organiser une riposte, deux semaines après l'intervention des forces de l'ordre contre un teknival organisé à Redon, au cours de laquelle un jeune homme avait eu la main arrachée et du matériel avait été détruit.

La coordination nationale des sons qui se présente comme un rassemblement de sound-system annonce des événements festifs pendant l'été mais également des recours légaux, précisés dans un communiqué publié mardi 6 juillet.

"Concernant la destruction illégale du matériel par les forces de l'ordre, plusieurs dizaines de plaintes seront déposées, que ce soit par les artistes qui ont vu leurs instruments de musique détruits, par les propriétaires de matériel de sonorisation qui ont acquis ce matériel avec leurs économies pour offrir gratuitement des concerts à la jeunesse ou par les loueurs, pour qui la « neutralisation » du matériel engendre des difficultés économiques pour leurs entreprises" détaille le communiqué.

Le communiqué annonce aussi qu'une plainte devant la Cour européenne des Droits de l'Homme est en cours de préparation et que "l’association Freeform a saisi l’IGGN (Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale) concernant la destruction du matériel, avec pour objectif une saisine de l’IGA, et invite l’ensemble des participant.es de la fête de Redon à faire de même concernant l’usage disproportionné de la violence par les gendarmes dont ils et elles ont été victimes ou témoins."

Nouveaux témoignages

Le collectif indique aussi avoir pu consulter "deux témoignages de personnes ayant assisté à la scène de la main arrachée. Toute deux affirment clairement avoir vu la grenade atterrir et exploser au niveau de la main du blessé, apportant ainsi la preuve que la mutilation était le fait d’une grenade lancée par les gendarmes en pleine nuit. Ces témoignages seront transmis au procureur de la République en charge de l’enquête." 

Le Procureur de la République de Rennes indique ce soir ne pas avoir reçu de plaintes de collectifs ou de teufeurs. Philippe Astruc ajoute que "les différentes enquêtes ouvertes à la suite de ces faits progressent de manière méthodique notamment celle concernant les graves blessures à la main d'un jeune homme" et invite "toute personne qui s'estime victime de ces faits à un titre ou un autre à se faire connaître auprès des deux services en charge des enquêtes (section de recherche de Rennes et brigade de recherche de Redon) ou auprès du Procureur de la République."

Réunion interministérielle

Par ailleurs, la coordination nationale des sons annonce qu'une réunion interministérielle se tiendra mercredi 7 juillet sous l’égide de l’Elysée et à la demande de Technopol. "Elle accueillera une délégation composée de la Coordination Nationale des Sons et de Techno +, aux côtés de Technopol et de Freeform. Cette délégation sera présente pour porter des revendications claires."

Parmi elles : la suppression de l’amendement Mariani qui établit un régime d’exception des rave party par rapport aux autres événements festifs et culturels, la reconnaissance des pratiques culturelles amateurs ou l’arrêt des saisies illégales.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
teknival culture musique police société sécurité justice