Caudan : vives réactions après l'annonce du groupe Renault de la mise en vente de la Fonderie de Bretagne

Le Groupe Renault a présenté hier jeudi 11 mars au CSE de Fonderie de Bretagne son projet de recherche d’un repreneur. Un site où travaillent 350 salariés. L'annonce a provoqué de vives réactions.

Le site de la Fonderie de Bretagne à Caudan compte 350 salariés
Le site de la Fonderie de Bretagne à Caudan compte 350 salariés © I. Rettig - France Télévisions

Le communiqué de presse est tombé ce jeudi soir, le groupe automobile Renault y annonce son projet de recherche volontaire d'un repreneur. "Le site doit diversifier ses activités et poursuivre la réduction de ses coûts de production" précise le communiqué, "le projet de recherche volontaire d’un repreneur  lui parait plus à même de pérenniser les activités et les emplois."

Les réactions sont vives sur le terrain de la part des élus locaux et des syndicats, même si la nouvelle ne surprend pas. "Ça a commencé en 2020, quand on a appris que Renault voulait se séparer de nous et aujourd'hui ça recommence" déplore Maël Le Goff, le secrétaire général CGT de la Fonderie de Bretagne.

"Pourtant après l'incendie qui a touché notre chaîne de production en 2019, on s'est donné à 100 %. On avait même établi un projet de pérennité du site, on connaissait les points forts et les points faibles de l'usine, mais personne n'a jamais écouté" poursuit-il.

De son côté, le député de la circonscription, Jean-Michel Jacques, dit lui aussi n'être pas surpris par la position de Renault qui "a mis en place un mécanisme de dévalorisation de la fonderie dès 2019 et l'incendie."

Il en appelle à la responsabilité de l'Etat, qui a aidé Renault "à reconstruire la chaîne de distribution de pièces de fonte". En dépit de cela, "l'industriel a fait le choix de délocaliser en Turquie et en Espagne, puis n'a jamais réinvesti le site breton en totalité, prétextant ensuite que la Fonderie de Bretagne ne produisait pas assez" déplore le député.

Quand on veut se débarrasser de son chien, on l'accuse de la rage 

Renault s'appuie sur une étude sur l'avenir de la fonderie, mais elle n'est pas assez argumentée poursuit le député. "Il y a encore des besoins pour des décennies de pièces en fonte pour les moteurs thermiques. Beaucoup de voitures diesel et essence vont rester encore en circulation dans le monde. On pouvait maintenir l'outil industriel et les emplois à Caudan , d'autant précise t-il que l'Etat a contribué par ailleurs à sauver la filière automobile à hauteur de 8 milliards d'euros. Cela implique un devoir de redevabilité de la part de Renault!"

Jean-Michel Jacques rappelle par ailleurs que les collectivités locales ont injecté 2,8 millions pour la transformation de la chaîne de production suite à l'incendie de 2019.

De son côté, le syndicaliste Maël Le Goff s'interroge : "Il reste 5 mois jusqu'à fin juillet pour trouver un repreneur. On ne voit pas d'autre alternative. Dans quelle conditions cela va se passer pour les salariés, on ne sait pas et si aucun candidat ne se déclare, c'est la grande interrogation".

Fabrice Vely, Maire de Caudan, a d'abord réagit sur sa page Facebook :. "Cette annonce vient en écho aux déclarations d'il y a neuf mois de Jean-Baptiste Sénard, PDG de Renault-Nissan qui avait répété que la FdB n'avait pas vocation à rester dans le groupe Renault."

Renault doit s'engager à trouver un repreneur sérieux qui connaisse le milieu de la Fonderie. Renault doit également fournir l'assurance de continuer à commander un volume de pièces suffisantes pour assurer la pérennité de la Fonderie de Bretagne.

Fabrice Vély, maire de Caudan

Il va solliciter un rendez-vous auprès du Ministère de l'économie sur ce dossier.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
économie automobile emploi