Colère chez les éleveurs de plein air. Les volailles doivent rester enfermées à cause de la grippe aviaire

Publié le Mis à jour le

Les volailles resteront confinées. Le conseil d’Etat a rejeté le recours déposé par les éleveurs de volailles de plein air. Le ministère de l’Agriculture a ordonné leur mise à l’abri pour éviter tout contact avec les oiseaux migrateurs pouvant transmettre la grippe aviaire. Une décision que dénoncent les éleveurs de plein air.

Dans les près qui entourent sa ferme, à Séné dans le Morbihan, plus aucun poulet depuis le mois de septembre. Gilles Le Flaher a été contraint de les mettre à l'abri dans les bâtiments pour les protéger de la grippe aviaire transmise par les oiseaux migrateurs.

Un non-sens pour cet éleveur attaché à la qualité de ses volailles élevées en plein air. "Pour les animaux, je considère que ce ne sont pas des conditions de vie agréables, affirme Gilles Le Flaher. Et pour moi, je ne suis pas content de les voir enfermés toute la journée."

Ce n’est pas la manière dont je vois mon métier

Antoine Chaumette, éleveur

Une vision partagée par Antoine Chaumette, éleveur de volailles bio à Saint-Gildas-de-Rhuys : "En enfermant nos animaux, on a l’impression de mentir aux clients au sujet du produit qu’on leur propose. Ce n’est pas la manière dont je vois mon métier." 

Le conseil d'Etat confirme les mesures d'enfermement

Le ministère de l’Agriculture a pris cette mesure pour contrer l’arrivée de la grippe aviaire sur le territoire français. Une décision contestée par certains éleveurs devant le conseil d’Etat. Mais la haute juridiction administrative a confirmé la nécessité d’enfermer les animaux. Dans son ordonnance rendue ce vendredi 24 décembre, elle argumente : "Les mesures contestées ont été décidées pour faire face à un risque sanitaire particulièrement grave et urgent." 

"On a l’impression de payer les pots cassés en bio et en plein air alors que les principaux élevages touchés sont des élevages industriels où les animaux ne sortent pas, s’agace Antoine Chaumette.

Face à cette décision, c’est toute la filière bio et de plein air qui se sent prise au piège. "Les animaux enfermés deviennent agressifs. Ils se piquent, ils prennent moins de poids car ils sont habitués à gambader pour développer leurs muscles", explique Antoine Chaumette.    

Un remède de cheval contre la grippe aviaire

Si l’épidémie de grippe aviaire n’est pas contestée, le remède paraît disproportionné. L’obligation de claustration touche tout le territoire national sans tenir compte des couloirs de migration.

La confédération paysanne demande à ce que ces mesures soient adaptées par secteur, par période et par espèce de volaille. "Les canards par exemple sont des volatiles appelants, illustre Julien Hamon, porte-parole de la Confédération Paysanne du Morbihan. Ça signifie qu’il peut appeler l’oiseau migrateur, ce que ne font pas les poules ou les pintades." 

Des propositions moins contraignantes

D’autres propositions sont avancées par la Confédération Paysanne : utiliser des effaroucheurs au-dessus des élevages de plein air pour éloigner les oiseaux migrateurs, baisser la densité d’animaux dans les élevages industriels et y varier les espèces.  

En Bretagne, première région avicole française, environ un quart des élevages de volailles sont des élevages de plein air. La filière espère être entendue. Elle dit avoir été reçue par des politiques qui doivent porter leurs revendications au ministère.