Ecole Nationale de Voile et Sports nautiques de Quiberon : passage obligé pour les champions

Pas de Jeux Olympiques cette année pour les champions français de voile olympique. Ils en profitent pour s’entraîner à Quiberon où se trouve l'Ecole Nationale de Voile et des Sports Nautiques. Une structure unique en France et en Europe.
 

Benoit Marie, champion de France de Moth, devant l'Ecole Nationale de Voile de Quiberon
Benoit Marie, champion de France de Moth, devant l'Ecole Nationale de Voile de Quiberon © Kevin Gaignoux FTV
Cet été, Lucas Rual et Emile Amoros auraient dû défendre les couleurs de la France aux Jeux Olympiques de Tokyo. Les deux navigateurs, âgés de 25 ans et licenciés au Club Nautique de  Pornic, en Loire-Atlantique pour le premier, et à l’APCC Voile de Nantes pour le second, se sont qualifiés cet hiver pour représenter l’équipe de France en fourty-niner, un dériveur double haute performance.

Mais à défaut de participer aux compétitions olympiques, annulées en raison du coronavirus, tous les deux s’entraînent actuellement à Quiberon, dans le Morbihan.
 

Une école unique en Europe

La station morbihannaise accueille l’Ecole Nationale de Voile et des Sports Nautiques (ENVSN), une structure de très haut niveau, unique en France et en Europe, un passage obligé pour tous les champions.

L’ENVSM, qui fête ses cinquante ans d’existence cette année, est un établissement public qui a pour vocation de participer au développement de la voile et du nautisme sur tout le territoire français. Et elle s’en donne les moyens.

Il y’a d’abord le plan d’eau : la baie de Quiberon se prête particulièrement bien à la pratique de la voile légère.

La structure peut également héberger 140 personnes et dispose d’un grand restaurant de 200 couverts. Cela permet aux athlètes de vivre en autonomie, ce qui en cette période d’épidémie, avec un cluster recensé dans la ville de Quiberon, est particulièrement apprécié par les sportifs et leurs encadrants.

" On a choisi de venir à Quiberon dès le mois de mai, explique Françoise le Courtois, l’entraîneur de l’équipe de France de 49er. Ici, on trouve toutes les facilités et on a pu recréer une sorte de confinement qui nous permet de ne pas avoir de contacts avec les gens à l’extérieur. On s’est organisé pour tout l’été afin que les athlètes alternent entre sept jours chez eux et dix jours ici. Comme une grosse partie du calendrier sportif a été annulé, cela permet de s’entraîner sur une longue période et de travailler les aspects techniques et matériel en profondeur, ce que l’on n'a jamais fait."
 


A la pointe de la technologie

Mais au-delà de l’aspect purement pratique de l’Ecole, c’est surtout l’aspect technique et technologique qui en fait un site de référence. Quatre ingénieurs travaillent à plein temps.

Olivier Rosso directeur technique et logistique de l’ENVSM explique : "On a ici une partie recherche et développement qui est basée sur la récupération de données. Un semi-rigide data conçu à l’école accompagne les bateaux sur l’eau et grâce à de multiples capteurs, il peut récupérer les données. Enregistrées, elles permettent ensuite de comparer les performances du matériel, ses réactions dans différentes conditions et situations. Tout est ensuite analysé. Dans le monde de l’olympisme, ce sont de tous petits réglages qui vont faire la différence entre les champions."

Alex Cornu prendra la direction de l’Ecole le premier août prochain. Un retour aux sources pour ce professeur d’EPS spécialisé voile devenu conseiller technique au Ministère des Sports.
 

L'ENVSM, c'est le Clairefontaine de la voile

Alex Cornu


"Aucune école de voile en France ne ressemble à celle-là, c’est un fleuron avec des prestations dignes du haut niveau. La plus-value c’est la compétence des techniciens qui sont des références dans leur métier, en fabrication composites, voileries ou techniques de performance. Cela permet aux sportifs qui viennent ici de tester leur matériel et de  valider un certain nombre de paramètres comme les réglages."

Prendre de l'avance

L’Ecole travaille notamment autour des foils, ces appendices qui permettent aux bateaux de voler sur l’eau.

"En 2024, aux JO de Paris, la plupart des bateaux en seront équipés. On espère prendre de l’avance sur nos adversaires et ramener des médailles. La Fédération française de Voile nous aide beaucoup, c’est un vrai partenariat."

Benoît Marie est un spécialiste du foil. Navigateur et ingénieur, il a remporté la mini-transat en 2013 avant de se spécialiser dans le bateau volant. Il est champion de France de moth, un bateau très spectaculaire car il va très vite sur l’eau grâce à ses foils.  

Même si sa discipline n’est  pas olympique, Benoît Marie, 17e aux derniers championnats du monde, vient s’entraîner régulièrement à Quiberon et apprécie le site :

"C’est un des plus beaux endroits pour faire de la voile et les infrastructures sont supers. Le moth est un bateau qui est très instable pour l’équilibre, très difficile à manier mais très performant puisqu’on peut atteindre les 60 km/h. Venir ici me permet de pousser la technique du bateau pour progresser au niveau mondial. On gagne environ un nœud de vitesse chaque année et être ici, c’est vraiment un gros avantage pour moi."

Des champions qui tous attendent la reprise des compétitions avec impatience. Histoire de voir si leur travail au sein de l'ENVSN a porté ses fruits. 


 
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