"Escroquerie", "emprise amoureuse", un maire du Morbihan condamné à cinq ans d'inéligibilité

La décision est tombée ce lundi 15 juin. Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné l'actuel maire de Josselin (Morbihan) à cinq ans d'inéligibilité. L'élu a été reconnu coupable d'une "escroquerie" dans une affaire datant de plusieurs années, au préjudice de son ancien employeur.

Nicolas Jagoudet, actuel maire de Josselin (Morbihan) a été reconnu coupable "d'escroquerie" par le tribunal correctionnel de Rennes lundi et condamné à cinq ans d'inéligibilité et seize mois de prison avec sursis.

Il s'est également vu confisquer 63.251 €, une somme présaisie dans le cadre de l'enquête.

Le jugement prononcé ne sera toutefois pas applicable immédiatement : l'élu a fait appel de cette décision. Contacté, il précise qu'il s'agit d'une affaire privée, d'un différent commercial qui n'a rien à voir avec son mandat de maire. 

Conflit d'intérêts et escroquerie

Le maire de Josselin était en effet jugé pour des faits d''escroquerie" en lien avec les abattoirs Jean-Chapin de Vézin-le-Coquet (Ille-et-Vilaine) son employeur entre 2015 et 2019. A l'époque des faits, Nicolas Jagoudet n'aurait pas informé l'entreprise de sa position d'actionnaire dans deux sociétés prestataires des abattoirs. En cause : des contrats passés avec un producteur de compléments alimentaires dans le cadre de la production de veaux de boucherie sans antibiotiques.

Le "préjudice" subi par les abattoirs se chiffrerait "entre 314.000 et 566.000 €".

Une employée "sous emprise"

Une employée d'une société d'alimentation animale dans laquelle l'élu était associé a pour sa part écopé de six mois de prison avec sursis.  Décrite comme "complètement amoureuse" et "sous l'emprise" de Nicolas Jagoudet, elle s'est également vu confisquer la somme de 63.251€. Une "bonne décision" pour son avocat, alors que 200 000€ avaient été saisis par la justice. 

Lui et sa cliente "se réservent" toutefois "la possibilité de faire appel", considérant la qualification d'escroquerie de "contestable". Pour le magistrat, l'intervention de la société dont sa cliente était salariée a aussi permis aux abattoirs Jean-Chapin de "rentrer dans le cahier des charges de Carrefour" pour la viande de veau.

Une condamnation pour complicité

La gérante de la troisième société, celle qui facturait la prestation finale aux abattoirs, a pour sa part écopé d'un an d'inéligibilité et d'une amende de 10.000 € pour "complicité".

"Elle s'oriente plutôt vers une acceptation de la peine dans la mesure où elle n'a pas été condamnée à une peine de prison avec sursis mais à une simple amende", a réagi son avocat Me Thierry Fillion.

Sur le fond, cette femme a "toujours soutenu" qu'elle ignorait que Nicolas Jagoudet avait "des intérêts" dans les entreprises qu'il lui avait présentées et avec lesquelles il lui avait demandé de travailler pour fournir Chapin.

"Elle a pris un petit pourcentage sur la revente, comme cela se fait dans les activités d'intermédiaire, mais pas très important", a concédé son avocat. "Son seul tort est de ne pas avoir eu d'éléments permettant de vérifier la livraison effective du produit... Le tribunal a considéré que c'était une façon de faire assez légère.

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