"Une course dans le cœur de tous les marins", à Lorient, ambiance de fête sur les pontons avant le départ de The Transat CIC

Ce dimanche 28 avril 2024, le grand départ de la Transat CIC sera donné à Lorient. Cette course transatlantique en solitaire existe depuis 1960 mais partira pour la première fois de France, à destination de New York. Ce mardi, les bateaux paradent dans la rade avant de s’amarrer aux pontons, dans une belle ambiance.

Le 28 avril, 33 IMOCA, 13 class 40 et 2 bateaux vintage s'élanceront pour la première fois de Lorient, pour la Transat CIC. Soit 48 marins bien décidés à marquer de leur empreinte cette course mythique.

Ils mettront le cap sur New York. Le plus souvent, The Transat CIC a emmené sa flotte de Plymouth, en Angleterre, à Newport, aux Etats-Unis. Cette 15e édition sera donc une grande première.

Ce mardi, le village départ ouvre ses portes à 18 heures. Une grande scène, un bar et des expositions vont prendre vie à Lorient-La Base.
Auparavant, les skippers paradent, toutes voiles dehors, dans la rade.

Parmi les favoris, on peut citer Jérémie Beyou, Charlie Dalin, Samantha Davis ou encore Yoann Richomme.

Une course mythique

Première course au large en solitaire, elle a marqué l'histoire de la voile et suscité la vocation chez nombre de navigateurs.

Parlez-en à Francois Gabart, dernier vainqueur de la transat anglaise, accueilli par les lumières de Manhattan et la statue de la Liberté le 10 mai 2016 (pas d’édition en 2020 en raison du Covid). Il remporte alors la course sur son trimaran géant après un peu plus de 8 jours de mer...et inscrit son nom au palmarès de la plus ancienne des courses au large.

La transat anglaise est un monument de la voile en solitaire. Elle est imaginée à la fin des années 50 par une poignée de marins anglais. Ils parient qu'un jour, ils franchiront l'Atlantique seuls sur leur bateau.

Jean Lacombe, le premier Français… et dernier arrivé !

Le départ de la première édition a lieu en juin 1960 à Plymouth en Angleterre. Ils ne sont alors que 5, 4 Anglais et un Français, Jean Lacombe, qui s'apprête à traverser l'Atlantique sur le plus petit bateau de la flotte. "Je suis parti du Havre avec un bateau de 6,50m, racontera-t-il après la course. J’ai rencontré du mauvais temps dans l’Atlantique, je n’ai pas pu partir avec les autres, je ne suis parti 5 jours après".

Jean Lacombe arrivera à New York, 5e et dernier 34 jours après le premier, l'Anglais Francis Chichester qui lui a bouclé sa traversée en 40 jours.

L'aventure est lancée

Cette course est dans le cœur de tous les marins.

Alan Roura, skipper suisse

En 64 ans d'existence, la course va faire rêver des générations de marins."Cette course est dans le cœur de tous les marins, commente le suisse Alan Roura, il y a eu beaucoup d’histoires (…) On a tous une envie, c’est de faire partie de cette transat aujourd’hui".

Quand Tabarly devient légende

Si un marin a bien contribué au mythe, c'est Eric Tabarly. En 1964, alors que personne n'attend ce jeune navigateur de 33 ans en vainqueur, c'est pourtant son Pen Duick 2 qui le premier franchit la ligne d'arrivée à Newport, après 27 jours de mer. Une légende est née.

12 ans plus tard en 76, Tabarly s'offre une 2e victoire sur Pen Duick 6, damant le pion à un certain Alain Colas que l'on donnait vainqueur sur son monocoque géant de 72 mètres, Club Méditerranée.
A Paris, Tabarly est accueilli en héros et la foule l'acclame sur les Champs-Elysées.

Une course qui n’épargne pas les bateaux

Pourtant, l'édition 1976, avec son nombre record de concurrents (125) aura été la course de tous les dangers. Les marins doivent faire face à de nombreuses dépressions. 50 bateaux sont contraints à l'abandon, 2 marins disparaissent en mer.

Il faut dire que cette transat contre les vents dominants réserve toujours des surprises... des tempêtes aux collisions avec des animaux marins. En 2008, Vincent Riou en a fait les frais. « Je suis entré en collision avec un OFNI et j’ai cassé mon bateau, se souvient le marin, j’ai été obligé d’abandonner mon bateau alors que j’étais largement en tête. J’ai bien fini la course, mais sur le bateau de Loïck Peyron ». 

Je suis entré en collision avec un OFNI et j’ai cassé mon bateau, j’ai été obligé d’abandonner mon bateau alors que j’étais largement en tête.

Le skipper Vincent Riou, en 2008

Les Français en force

Trois jours plus tard, Loïck Peyron franchira la ligne d'arrivée signant sa 3e victoire dans la transat anglaise.

Car cette course a souvent réussi aux Français. Outre Tabarly et Peyron, Alain Colas, Yvon Fauconnier, Philippe Poupon, Francis Joyon ou Michel Desjoyeaux ont gagné l'épreuve.

Les femmes pas en reste

Et les femmes ? Elles aussi se sont fait remarquer. À commencer par la britannique Ellen MacArthur. En 2000, âgée de 23 ans, elle remporte la victoire en monocoque, sa première course sur un 60 pieds.
"Je suis heureuse d’être enfin à la première place!, commente-t-elle à l'arrivée. C’est un rêve car c’est la course où je m’imaginais arriver en tête".

Moins connue, Marie-Claude Fauroux est, elle, au départ de la 4e édition en 1972, époque où les femmes à la barre sont rares tout en ayant quand même une certaine longueur d'avance sur les hommes.

Elle sera la première femme à terminer la course, en 32 jours. 14e sur 55 concurrents...

Violette Dorange, qui vient de fêter ses 23 ans, n'était bien sûr pas née à cette époque mais elle aussi a bien l'intention de ne pas se laisser impressionner.

« On va être confrontés à toutes les dépressions, confie-t-elle, à tous les vents forts du Nord de l’Atlantique qui sont assez importants, et ça, il faut bien le gérer, mais pour l’instant pas de stress ».

Quelles aventures, quelles émotions nous réserve donc cette 15e édition de la Transat ? Réponse à partir de ce dimanche 28 avril. Le départ de Lorient sera à suivre sur les antennes de France 3 Bretagne, dès 12h55.