Les neuf jeunes blessés par l'explosion d'un obus sur la plage des Sables-Rouges, sur l'île de Groix, en appellent à la justice

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Écrit par CJ / CB (Press Pepper)

Les amis qui accompagnaient le jeune homme décédé le 7 septembre 2014 sur la plage des Sables-Rouges, à l'île de Groix (Morbihan), après avoir allumé un feu de camp au-dessus d'un obus de la Première guerre mondiale demandent à être indemnisés à leur tour.

Pour rappel, le tribunal  administratif  de Rennes a récemment  reconnu  la responsabilité de l'Etat dans le décès accidentel de Pierre Coulon, un jeune de 26 ans originaire de Larmor-Plage (Morbihan).

Celui-ci était arrivé en bateau "vers 20h30" avec ses amis sur la plage des Sables-Rouges, pour faire un barbecue, le 6 septembre 2014.  La chaleur du feu de camp avait  en fait provoqué vers 2h du matin "l'explosion d'un obus" resté enfoui au pied de la falaise et qui provient "probablement  d'un stock d'armement français de la Première guerre mondiale", selon le rapporteur public.

Cette fois-ci, hier  jeudi 12 mai 2022, devant le tribunal administratif de Rennes, ce sont donc les neuf jeunes présents lors de l'accident qui ont réclamé réparation, pour des sommes allant de 5.000 à 32.000 € : le maire de l'île de Groix aurait dû "prendre des mesures adéquates pour garantir la sécurité publique", en "mettant en place des panneaux d'affichage" ou en faisant "des campagnes d'information" pour sensibiliser à ce risque."

La responsabilité de l'Etat peut être engagée selon le magistrat

Le rapporteur public a pour sa part écarté toute responsabilité de la commune dans cette affaire, dans la mesure où il n'est "pas interdit d'établir un campement" et que "l'absence d'avertissement" ne lui semble "pas en lien" avec l'accident.  En revanche, le magistrat - dont les avis sont souvent suivis par les juges - estime que "la responsabilité de l'Etat" peut tout à fait "être engagée".

Conformément aux demandes des requérants, il a donc proposé aux juges rennais d'ordonner une expertise afin "d'évaluer les préjudices" qu'ils ont subis - "avant et après la consolidation de leurs états respectifs".

Le tribunal administratif de Rennes, qui a mis sa décision en délibéré, rendra son jugement dans un mois environ.