Morbihan. L214 dépose plainte pour maltraitance animale dans un élevage de poules et coqs reproducteurs

Ce mercredi 15 septembre, l'association de défense des animaux, L214, a déposé plainte contre les conditions d'élevage dans une exploitation de volailles. Cette fois, au lieu de s'en prendre aux élevages de poulets de chair, L214 dénonce les traitements infligés aux poules et coqs reproducteurs.

"C'est un pur hasard du calendrier. Ce n'est qu'hier que je me suis rendu compte que la thématique du salon de l'élevage, le Space, qui se tient à Rennes cette semaine, était le bien-être animal"  explique Sébastion Arsac, directeur des enquêtes de L214, cette association qui fait des coups d'éclat en divulguant des vidéos prises illégalement dans des exploitations afin de dévoiler les conditions "inacceptables" des élevages.

Ce jeudi 16 septembre, en plein salon breton de l'élevage consacré au bien-être animal, L214 sort donc une nouvelle vidéo dont les images, avec le montage adéquat, fustigent les conditions de vie des poules et coqs reproducteurs dans un élevage morbihannais.

Les images, tournées en août 2021, montrent des poules et des coqs d'un an déplumés. Selon l'association, "arrivées dans l’élevage à l’âge de 6 mois, ces volailles vont y rester pendant un an, sans jamais avoir accès à l’extérieur, à une densité de 9 oiseaux par m2. Le sol de l’élevage est constitué de caillebotis en plastique et d’une litière qui n'est jamais changée durant leur cycle de vie. Âgés de moins de deux ans, épuisés, ils seront envoyés à l’abattoir".

 

Plainte pour pour mauvais traitements envers les animaux commis par un professionnel

Ces volailles de reproduction, dénommées "les parentaux" dans le secteur avicole, sont élevées une année durant pour produire des oeufs. Les oeufs de cette exploitation de Ploërmel, l'EARL du Pré de Limel, sont expédiés dans un couvoir spécialisé dans la production de poussins pour les élevages intensifs de poulets de chair.

L214 nous a dit avoir porté plainte ce mercredi 15 septembre auprès du procureur de Vannes pour mauvais traitements envers les animaux commis par un professionnel (article L215-11 du Code rural)

Selon Sébastien Arsac, les volailles reproductrices devant être maintenues en vie plus longtemps (un an) que les poulets élevés pour la viande (quelques mois), elles sont nourries avec des rations limitées, comprises entre 20 % et 50 % de ce qu’elles mangeraient si elles avaient un libre accès à la nourriture. "Les poules et les coqs souffrent donc de la faim de manière chronique, et sont de fait stressés et frustrés en permanence" indique le responsable de l'association.

 

Un mode d'élevage pointé du doigt "plutôt qu'un exploitant"

Pour Sébastien Arsac, la mise en ligne de cette vidéo vise avant tout à dénoncer le mode d'élevage de ces volailles reproductrices : "Ce n'est pas une maltraitance spécifique de cet exploitant que nous ciblons mais une maltraitance structurelle liée au modèle de production dont cette exploitation est l'un des premiers maillons de la chaîne de l'élevage intensif".


Un recours contre l'extension de cette exploitation

La préfecture du Morbihan a pris un arrêté le 30 août, permettant l'extension de l’EARL du Pré de Limel [qui n'a pas souhaité répondre à nos questions ce jeudi 14 septembre, NDLR]. L'exploitation incriminée a prévu d’étendre son activité d’ici 2022.

Selon L214, l'élevage serait actuellement composé de 7.000 poules et coqs reproducteurs sur un bâtiment. Un autre bâtiment neuf devrait accueillir d’ici la fin de l’année 13.000 volailles. La construction d'un troisième bâtiment, d’une capacité de 13.000 poules et coqs également, serait prévue pour 2022, soit à terme plus de 30.000 oiseaux.

Devant cette escalade, L214 va déposer un recours administratif contre la décision préfectorale permettant cette extension de l'exploitation.
 

Une action à Vannes

Au-delà des actions contre cet élevage, l'association demande également la mise en place d’un moratoire sur ce mode d’élevage intensif, suspendant immédiatement les nouvelles constructions et extensions d’élevages intensifs. 

Des bénévoles de l’association seront ainsi présents place des Lices à Vannes ce jeudi, afin d’informer les passants et leur proposer de signer la pétition adressée au préfet.

 

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