Plusieurs collectifs de citoyens appellent à manifester contre les fermes-usines le 17 avril à Saint-Gérand

Le Collectif Morbihan contre les fermes-usines organise un défilé costumé entre le bourg de Saint-Gérand et l'usine Sanders samedi 17 avril 2021. Une manifestation pour protester contre le modèle agro-industriel breton en cette journée internationale des luttes paysannes. 

La manifestation ce samedi 5 octobre contre le projet d'extension d'un poulailler à Néant-sur-Yvel
La manifestation ce samedi 5 octobre contre le projet d'extension d'un poulailler à Néant-sur-Yvel © Bruno Van Wassenhove - France 3 Bretagne

Ce n’est pas un collectif de citoyens, mais une pléiade de groupes, associations, syndicats, réunis au départ pour lutter contre des projets d’élevages intensifs en Bretagne.

Le Collectif Morbihan contre les fermes-usines rassemble une diversité de profils. Un syndicat agricole, la Confédération paysanne, des associations environnementales comme Eau et Rivières  ou Bretagne vivante, des citoyens de tous horizons et des mouvements de désobéissance civile comme Extinction rébellion ou les Pisseurs involontaires de glyphosate.

La liste de ceux qui appellent à un virage de l’agriculture bretonne commence à être longue.

Tous se sont donnés rendez-vous à Saint-Gérand, près de Pontivy, ce samedi 17 avril à 11h. En écho à l’appel national contre la réintoxication du monde, les manifestants sont invités à venir avec "slogans et parures incarnant un monde non toxique".

 

Le cortège doit se rendre devant l’usine Sanders, filiale du groupe Avril, un acteur industriel et financier spécialisé dans la nutrition animale. 

 

Sensibiliser à la "mainmise de l’agro-industrie sur l’agriculture bretonne"

À travers le choix de cette cible, c'est l'influence des grands groupes agro-alimentaires sur un modèle agricole basé sur l'"agriculture chimique et l'élevage intensif", qui "ne correspond pas aux vœux des citoyens" explique Jean-Pierre Le Lan, membre d’Eau et Rivières de Bretagne et membre du collectif de soutien aux victimes des pesticides. 

"L’objectif c’est de sensibiliser le plus grand nombre à cette mainmise de l’agro-industrie sur l’agriculture bretonne" explique Jean-Pierre Le Lan.

"On essaye de faire comprendre que l’agriculture doit changer de cap, revenir à des pratiques respectueuses de la nature et des hommes. Il y a un côté environnemental et un volet social."

Les solutions existent, on connaît les leviers. On n’a plus le temps. Il faut changer.

Jean-Pierre Le Lan, membre d’Eau et Rivières de Bretagne

Le collectif entend dénoncer le double-jeu de la Région et de l’Etat "qui parlent agro-écologie, alimentation saine, climat mais continuent de financer l’industrie agricole".

"On a bien conscience que l’on ne peut pas changer du tout au tout du jour au lendemain. Mais que l’on arrête d’accorder des aides publiques à ces projets industriels" plaide Julien Hamon, porte-parole de la Confédération paysanne du Morbihan.

 Des temps de paroles et d'échanges sont prévus pour partager propositions et témoignages. 

"Une autre politique est possible et souhaitable. On interpelle justement les élus actuels et futurs. Les solutions existent, on connaît les leviers. On n’a plus le temps. Il faut changer" insiste François Gendre du Collectif Morbihan contre les fermes-usines.

Le 17 avril n’a pas été choisi au hasard. C’est la journée internationale des luttes paysannes. En hommage aux 19 paysans sans terre brésiliens assassinés alors qu’ils revendiquaient une réforme agraire pour pouvoir vivre dignement. Tout un symbole.

 

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