Des lions maltraités au cirque William Zavatta. Six mois avec sursis et interdiction de détenir des animaux non domestiques pendant 5 ans

Trois lions du cirque William Zavatta étaient détenus toute la journée dans le compartiment d'un camion-cage de 15 m2, sans pouvoir s'abriter du soleil ou avoir une quelconque activité physique. L'association One Voice avait signalé les mauvais traitements. Une sexagénaire et son fils ont été condamnés à 6 mois de prison avec sursis et interdiction de détenir des animaux non domestiques pendant 5 ans

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Absents à l'audience, une sexagénaire et son fils de 38 ans ont été condamnés par le tribunal de Vannes à six mois de prison avec sursis pour des mauvais traitements commis contre trois lions qu'ils exploitaient illégalement dans leur cirque itinérant William Zavatta. 

Outre cette "peine d'avertissement", selon les mots de la présidente, conforme aux réquisitions du ministère public, les deux prévenus ont en outre interdiction de détenir des animaux non domestiques pendant cinq ans et sont condamnés à verser chacun 1.500 euros au titre du préjudice moral à l'association One Voice, partie civile.

C'est elle qui avait signalé ces mauvais traitements après les avoir constatés à deux reprises en juillet 2019 à Douarnenez dans le Finistère, puis à Arzon dans le Morbihan à quelques jours d'intervalle.

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Muriel Arnal Présidente de l'association One Voice ©Y.Etienne/S.Izad/FTV

Trois lions dans le camion cage

Les détectives privés de l'association de défense des animaux avaient relevé comment trois lions, un mâle et deux femelles, étaient détenus toute la journée dans le compartiment d'un camion-cage de seulement 15 m2, sans pouvoir s'abriter du soleil ou avoir une quelconque activité physique, alors qu'ils ne participaient même pas au spectacle.

Pour l'inspectrice de l'Office français de la biodiversité (police de l'environnement) présente à l'audience, il s'agissait d'une violation flagrante des règlements applicables à des fauves, d'autant que ni l’exploitante ni son fils ne détenaient un certificat de capacité pour s'occuper de tels animaux ou d'autorisation d'exploiter ce cirque.

Ce certificat avait été refusé à deux reprises au fils pour son absence totale de prise en compte de la souffrance animale, malgré le décès de certains animaux dont il avait la charge, a indiqué le ministère public.

On ne sait pas ce que sont devenus les lions

L'avocate de One Voice, Me Caroline Lanty, a déploré l'opacité totale des activités du cirque William Zavatta, qui ne figure selon elle dans aucun registre du commerce ou des sociétés, ainsi que les défauts dans l'identification, pourtant obligatoire en tant qu'espèce protégée, des trois lions, dont on ignore ce qu'ils sont devenus depuis 2019.

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Me Caroline Lanty Avocate au barreau de Paris ©Y.Etienne/S.Izad/FTV
"Ces animaux, on ne sait pas d'où ils viennent et on ne sait pas où ils sont partis", a confirmé Sylvain Darchy pour le ministère public.

Lorsque les deux prévenus sont contrôlés par les gendarmes en 2022, après plusieurs atermoiements dans la procédure liés à leur itinérance, "on s'aperçoit que ces animaux sont détenus hors cadre", résume-t-il.