Vannes. Créatrice d'un sextoy, Marie milite pour le plaisir féminin

Se faire du bien, estimer que la santé sexuelle fait partie de la santé globale, c'est le discours de la Vannetaise Marie Comacle. Depuis janvier, elle commercialise un sextoy qui connaît son petit succès. 

"Avoir un sextoy, c'est prendre du temps pour soi, pour se connaitre, se découvrir" dit Marie Comacle qui a créé le sextoy Coco
"Avoir un sextoy, c'est prendre du temps pour soi, pour se connaitre, se découvrir" dit Marie Comacle qui a créé le sextoy Coco © DR

Créer un sextoy, cela fait plus de 10 ans que Marie Comacle y pensait, inspirée par la série "Sex and the city". Son projet est désormais réalité. Depuis l'été dernier, elle a lancé la marque "Puissante" qui produit Coco, un modèle pliable permettant une aspiration du clitoris d'une part et/ou une pénétration vaginale, selon les envies de chacune. 

Je voulais vendre des sextoys à ma manière, faire découvrir que c'était bien...de se faire du bien

Marie Comacle

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Désacraliser la masturbation féminine

A 27 ans, Marie se rappelle que son ambition a d'abord suscité les réactions. Elle-même utilisatrice de sextoy, elle en parle autour d'elle. "On me regardait un peu de travers. Soit on me considérait comme une désespérée, soit comme une tordue."  La jeune femme estime que la masturbation féminine ne doit pas être taboue, elle permet de se sentir bien. Le sextoy doit compter parmi les outils de bien-être, au même titre que le yoga ou la méditation. "La santé sexuelle, ça fait partie de la santé globale" insiste-t-elle.

Pour élaborer son sextoy Coco, elle a imaginé plusieurs dessins. Après avoir cherché en vain un partenaire français pour le produire, elle se tourne vers la Chine. Un prototype, puis un deuxième voient le jour. A chaque fois, elle le fait tester à son entourage. "Je voudrais qu'une communauté se construise autour, je vais impliquer les femmes, leur demander leur avis, comme récemment sur la couleur car j'ai eu des retours."

Le chemin vers la jouissance personnelle s'apprend. En témoigne la journaliste Elsa Wolinski, devenue l'ambassadrice de Coco. Dans une vidéo, elle explique : "Je fais partie de ces femmes qui ont loupé des choses, étant élevée de manière patriarcale où c’est le plaisir de l’homme qui prime. En testant Coco, je sais maintenant, même si ça peut paraître naïf, que je n’ai besoin de personne. Passé 45 ans, c’est même perturbant de se dire qu’on n’a jamais connu de plaisir seule, et cette pratique rend vraiment puissante."

Marie souhaite à terme créer une gamme de 5 sextoys, une quantité limité voulue. "Je ne veux pas reproduire un schéma qu'on observe sur les boutiques en ligne, où il y a tellement de choses qu'on a du mal à s'y retrouver."

La campagne de financement participatif qui a contribué au lancement de Coco est un succès. Elle va permettre de travailler sur un nouveau jouet. Marque engagée, "Puissante" reverse 1 € sur chaque vente, destiné à l'association les Orchidées rouges, qui lutte contre l'excision.

 

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