Nutréa-Triskalia : Le tribunal de Rennes reconnait la faute inexcusable de l'employeur suite au décès de G.Le Goffic

 La faute inexcusable de l'employeur Nutréa-Triskalia vient d'être reconnue en appel au tribunal de Rennes suite au décès de Gwenaël Le Goffic qui s'était suicidé en mars 2014, sur son lieu de travail. Une victoire pour son épouse et ses enfants. 

 

Le siège de Triskalia à Landerneau
Le siège de Triskalia à Landerneau © Florence Malésieux

Gwenaël Le Goffic était chauffeur-livreur dans l'entreprise Nutréa-alimentation animale et assurait la livraison d'aliments médicamenteux pour les porcelets, "sans masque ni gant ni aucune protection, assure sa veuve. Même le bâtiment, aujourd'hui fermé, n'était pas aux normes".

Le 3 septembre 2015, le Tribunal des affaires de sécurité sociale de Saint-Brieuc avait requalifié le suicide de Gwenaël Le Goffic en accident du travail. 

Le 27 septembre 2018, ce même tribunal n'avait pas reconnu la faute inexcusable de l'employeur. Edith le Goffic avait donc décidé de faire appel de cette décision avec, à ses côtés, le collectif de soutien aux victimes des pesticides et l'Union régionale Solidaires de Bretagne.

 La faute inexcusable de l'employeur Nutréa-Triskalia vient d'être reconnue en appel au tribunal de Rennes en début d'après-midi.

Une victoire pour son épouse et ses enfants 

C'est avec beaucoup d'émotions et de satisfaction qu'Edith Le Goffic et ses deux enfants ont accueilli la décision en appel du tribunal de Rennes. Le tribunal de Rennes contradictoirement infirme le jugement du tribunal de Saint Brieuc et reconnait la faute inexcusable de l'employeur. Il demande la doublement de la rente pour sa veuve et ses enfants.

Au titre du préjudice moral son épouse et ses deux enfants recevront chacun la somme de 40 000 euros.

Pour Maître François Laforgue, "c'est l'aboutissement d'un long combat judiciaire. Un combat âpre contre une entreprise qui aura tout mis en œuvre pour se soumettre à la faute". "c'est avant tout la reconnaissance de la faute qu'il faut retenir" a-t-il poursuivi.

Il se dit confiant quant au pourvoi en cassation et que pour certains salariés du groupe des procédures étaient toujours en cours. 

L'entreprise a deux mois pour se pourvoir en cassation.

 

 

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