Opération “Sauvez nos poussins”, le déconfinement c'est aussi pour les oiseaux de bord de mer

Prière de ne pas déranger le petit gravelot à collier interrompu / © D. Hemery
Prière de ne pas déranger le petit gravelot à collier interrompu / © D. Hemery

Pendant huit semaines, de nombreuses espèces d'oiseaux ont profité du littoral en toute sérénité, sans la fréquentation humaine. Avec la réouverture des plages, plusieurs associations de protection de l'environnement mettent en garde contre les risques pesant sur les nids, oeufs et autres poussins.

Par Fabrice Leroy

Attention où vous mettez les pieds.
Dans les prochains jours, les plages devraient être de nouveau accessibles. Ce retour sonne la fin de la tranquillité pour de nombreuses espèces d'oiseaux qui ont profité des huit semaines de calme, liées au confinement, pour "s'installer sur les plages ou les sentiers désertés, en plus de leurs zones habituelles de reproduction."

C'est le signal d'alarme que vient de tirer la station de la Ligue pour la Protection des Oiseaux de l'Ile Grande via sa page Facebook.
 

Cette alerte est lancée conjointement par le Conservatoire du Littoral, l'Office Français de la biodiversité, l'Office National des Forêts, Rivages de France et donc la Ligue pour la Protection des Oiseaux.

 



Gravelots et sternes naines


Dans un communiqué intitulé "Opération Littoral 2020 - Sauvez nos poussins !!", le Conservatoire explique que, "fraîchement arrivés de leurs quartiers d’hivernage africains en mars dernier, les « Gravelots à collier interrompu », « Sternes naines » et autres oiseaux du bord de mer ont trouvé de vastes étendues de sable ou des sentiers littoraux désertés par les hommes, restés à demeure afin d’éviter la propagation du virus Covid-19. Depuis mi-mars, la plupart de ces espèces se sont installées à la fois sur leurs zones habituelles mais aussi sur ces nouveaux territoires disponibles, ont construit leur nid souvent à même le sol. La couvaison des œufs, qui ressemblent à des galets, est en cours et une première nichée, voire parfois une seconde, auront lieu jusqu’au 15 juillet de cette année.


De la pédagogie avant tout


Installée à l'Ile-Grande, à Pleumeur-Bodou dans les Côtes d'Armor, la station LPO est aux premières loges pour mesurer l'étendue des dégâts possibles. "La zone sensible, c'est celle du cordon dunaire", précise Romain Morinière, son directeur. "Les terrains pierreux, les lits de galets... là où les oiseaux jouent de leur mimétisme pour se cacher au regard. On veut avant tout donner des conseils pédagogiques pour permettre aux gens de retrouver leurs plages tout en cohabitant le mieux possible avec la biodiversité".


Un certain nombre de recommandations sont donc mises en avant.

          -Vérifiez que l’accès du site du littoral où vous comptez vous rendre est autorisé 

          - Restez sur les sentiers balisés et habituels. Si vous avez un chien, tenez-le strictement en laisse 

          - Gagnez le plus rapidement possible le fil de l’eau pour mener vos activités sportives ou récréatives et restez au plus proche de l’eau 

          - Evitez au maximum de fréquenter le haut de plage, les dunes de sable ou végétalisées en arrière littoral, lors de vos parcours vers les stationnements 

          - Si vous voyez un oiseau posé au sol qui vous semble blessé ou pousse des cris répétés, éloignez-vous au plus vite car il s’agit d’une manœuvre destinée à vous éloigner du nid ou une alarme indiquant la présence d’un nid ou de poussins 

          - Respectez les zones balisées avec une signalétique adaptée à l’opération 

 


Des conseils de bon sens à garder à l'esprit au moment d'entamer sa balade sur le littoral. Pour faire en sorte que "l'année 2020 qui semblait exceptionnelle pour la reproduction" ne tourne pas à l'hécatombe.




 

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