Organisateurs et skippers espèrent toujours un départ du Vendée Globe le 8 novembre

Les voiliers IMOCA au départ du dernier Vendée Globe, le 6 novembre 2016 / © Vincent Curutchet - DPPI - Vendée Globe
Les voiliers IMOCA au départ du dernier Vendée Globe, le 6 novembre 2016 / © Vincent Curutchet - DPPI - Vendée Globe

Alors que les navigateurs professionnels attendent de pouvoir reprendre leurs entraînements en mer, les organisateurs du Vendée Globe donnent des perspectives aux skippers des monocoques de 60 pieds Imoca. Le départ du 8 novembre est confirmé et une course de préparation est en projet cet été.

Par Mathieu Herry


Report, maintien, l'épidémie de coronavirus laisse planer le doute sur la tenue du départ du prochain Vendée Globe, la course reine de la catégorie Imoca, les voiliers monocoques de 60 pieds. Mardi soir, les organisateurs de la course ont communiqué en indiquant que le départ est toujours prévu le 8 novembre des Sables d'Olonne.
 

"Sportivement, rien ne s’y oppose sous réserve bien évidemment de l’avis de l’État, précisent les organisateurs dans un communiqué. Pour autant, le Vendée Globe, qui est aussi un événement populaire, est un bien public qui appartient aux Vendéens et aux Vendéennes. L’organisation étudie par conséquent l’ensemble des scénarios rendant possible la présence du public dans un contexte sanitaire et économique dont personne ne connaît l’évolution."

Une communication qui semble surtout destinée à rassurer les skippers et leurs sponsors, après une déclaration, la semaine dernière, du président de la société organisatrice, qui annonçait "ne pas imaginer" une course sans village-départ. Une petite bombe en pleine période de distanciation sociale.
 

Des skippers prudents et motivés

"J'essaie de ne pas trop perdre d'énergie à m'intéresser aux revirements, aux annonces contradictoires, réagit la navigatrice Clarisse Crémer. Avec l'équipe, on se projette de toute façon dans le départ du Vendée Globe, le 8 novembre, aux Sables d'Olonne."

La navigatrice a pu bénéficier d'une dérogation pour fêter le déconfinement, mardi 12 mai, à bord de son monocoque Banque Populaire. Un moment immortalisé sur Instagram par #garibaldisailing.
 


"On avait vraiment hâte de retourner sur l'eau, reprend Clarisse Crémer. Au départ de Lorient, on a fait un tour de Groix pour une navigation technique, une reprise en main le bateau après son passage au chantier. De toute façon, maintenant, j'ai besoin de naviguer pour fiabiliser le bateau techniquement. Je suis assez à l'aise dessus maintenant mais plus je pourrai naviguer, moins je ferai de bêtises pendant le Vendée."
 

Une course de préparation en juillet ?

La date limite d'inscription a été reportée au 1er septembre en raison de l'épidémie de coronavirus et la direction de la course explique travailler avec la classe Imoca, qui rassemble les skippers et leurs sponsors, à l'organisation d'une épreuve de préparation, en solitaire. "La Classe IMOCA a fait la proposition d’un départ au large des Sables d’Olonne le 4 juillet pour une course en solitaire qui emmène les marins au large de l’Islande, sur le cercle arctique, puis vers les Açores avec un retour au point de départ 10 jours plus tard environ."


"Ce serait vraiment génial si ça avait lieu", s'enthousiame Charlie Dalin, dont le monocoque Apivia a été remis à l'eau mardi 12 mai à Lorient.

 


"Je ne fais pas partie de ceux qui ont des problèmes de qualification pour le Vendée, je le suis depuis la Transat Jacques Vabre", que Charlie Dalin a remportée fin 2019 avec Yann Eliès, et suite à laquelle il a traversé l'Atlantique en solitaire pour ramener son bateau en Bretagne. "Cette course est moins importante pour moi que pour d'autres mais c'est toujours différent de faire des milles en course et en entraînement. J'ai vraiment hâte d'être en course. Sur la fin du confinement j'avais des souvenirs de départs qui me revenaient. Quoi qu'il arrive, l'objectif n'a pas changé. Je suis d'une nature positive : même s'il faut s'adapter, je serai prêt pour le 8 novembre."
 

Calendrier resserré

Même s'il ont pu mettre à profit le confinement pour travailler leur condition physiques et apprendre sur le bout des doigts la théorie des systèmes météo du parcours du tour du monde, beaucoup d'équipes ont perdu près de deux mois de préparation à cause de l'épidémie de Covid-19.

Plusieurs bateaux, en chantier au moment où le gouvernement a décidé d'interdire les déplacements, sortent ces jours-ci pour être remis à l'eau. C'est le cas du 60 pieds de Samantha Davies, aujourd'hui à Lorient.
 
En chantier au moment du confinement, le bateau de Samantha Davies a été remis à l'eau mercredi 13 mai à Lorient. / © Vincent Curutchet / Initiatives Coeur
En chantier au moment du confinement, le bateau de Samantha Davies a été remis à l'eau mercredi 13 mai à Lorient. / © Vincent Curutchet / Initiatives Coeur


La barreuse d'Initiatives coeur ne s'inquiète pas pour autant de ce calendrier qui se resserre. "Il y a toujours une phase d’adaptation en début de saison. Elle sera sûrement un peu plus longue cette année mais je suis tranquille, pas de stress. Cela va se faire naturellement et j’ai la chance de très bien connaître mon bateau."

Comme une bonne partie des skippers, Samantha Davies aurait dû être en ce moment en course dans l'Atlantique Nord, entre Brest et Charleston. The Transat devait s'élancer le 10 mai, mais a été annulée en raison des mesures de confinement.


 

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