Passage au stade 3 du plan de prévention contre le coronavirus : quelles conséquences ?

 Illustration coronavirus galerie commerciale / © CHRISTOPHE PETIT TESSON/EPA/MAXPPP
Illustration coronavirus galerie commerciale / © CHRISTOPHE PETIT TESSON/EPA/MAXPPP

Le passage au stade 3 du plan de prévention contre l’épidémie de coronavirus est annoncé comme inéluctable cette semaine. Ce seuil d'alerte maximum est déclenché non plus pour endiguer l‘épidémie, mais pour en atténuer les effets. Quelles en seraient les conséquences sur le quotidien ?

Par Krystell Veillard


Alors qu'avec l'épidémie de coronavirus, il est dénombré 1 191 cas et 21 décès ce lundi 9 mars en France, les réponses se musclent. Des rencontres sportives sont reportées, des concerts, des spectacles annulés, des écoles fermées dans les zones de foyers épidémiques... les rassemblements de plus de mille personnes en plein air comme en milieu clos, ont d'ores et déjà été interdits. L'impact de l'épidémie est déjà conséquent. Mais que va changer ce passage au stade 3 du plan de prévention contre l'épidémie de Covid-19 ?  Ce seuil d'alerte maximum est annoncé comme inéluctable cette semaine. Une étape d'une durée de 4 à 8 semaines, déclenchée quand le virus circule largement dans le pays et non plus dans des zones localisées. Il ne s'agit plus alors d’endiguer l‘épidémie, mais d’en atténuer les effets. Des mesures qui sont adaptables et très variables en fonction du moment et du lieu.
 
 

Réorganisation du système sanitaire


La stratégie sanitaire est différente et passe "d’une logique de détection et de prise en charge individuelle à une logique d’action collective, précise le document de préparation au risque épidémique du Covid-19, diffusé par le ministère de la Santé aux établissements de santé et médecins libéraux. 

L’objectif est alors de mobiliser au maximum le système de santé, avec une montée en puissance des établissements de santé, des hôpitaux, du Samu, etc. Tous les professionnels de santé libéraux, médecins, infirmiers sont également mis à contribution, avec des réquisitions, comme les services de soins et d’aide à domicile. Concernant les établissements médico-sociaux, ils se voient renforcés “pour assurer la prise en charge des personnes fragiles”. En effet, afin de ne pas engorger les hôpitaux, seuls les cas les plus graves sont hospitalisés. Les autres malades sont pris en charge chez eux.
  

 

Quelles restrictions ?


Le document du ministère de la santé ne précise pas les restrictions mises en place en cas de phase 3. Mais, comme l’a précisé Matignon, les stades concernant le Covid-19 étant identiques à ceux liés à la grippe, il faut alors se fier au plan de pandémie grippale, réalisé par le gouvernement en 2011 après la pandémie de grippe A (H1N1) de 2009.

Plusieurs mesures peuvent être mises en place. Cela peut aller de la restriction des visites dans les établissements d’hébergements collectifs à la suspension des transports en commun ou à la restriction des grands rassemblements. Les activités et manifestations culturelles et sportives sont donc limitées. “Une fermeture des écoles peut participer à l’atténuation de l’impact d’une pandémie”, précise également le plan. Les établissements scolaires pourraient donc fermer, comme les crèches. Du télétravail peut également être mis en place tout comme des mesures de chômage partiel.
Toutes ces mesures sont prises au cas par cas, en fonction de zones particulières. 

 
 

Qui décide des mesures à prendre en stade 3 ?


Mais ces décisions n’ont rien d’automatique. Le document de plan grippal se présente uniquement comme une “aide à la préparation et à la décision”. Les mesures dépendent donc du gouvernement. “Nous nous préparons à toute éventualité dans les transports”, annonçait par exemple Jean-Baptiste Djebbari sur Europe 1, expliquant que “des restrictions de transports pourraient être envisagées”.

De son côté, le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la jeunesse, Gabriel Attal, avait indiqué jeudi 27 février sur franceinfo qu’un système de cours à domicile était prêt pour les élèves “dans le cas où en France il faudrait fermer des établissements”. Interrogé sur une possible fermeture totale de toutes les écoles, "s'il devait y avoir l'épidémie générale, on serait dans une phase 3 dans laquelle la doctrine ne serait pas de tout fermer”, a répondu Jean-Michel Blanquer sur LCI, mardi 3 mars.

Alors que le stade 3 doit durer entre 8 et 12 semaines comme le précise le plan de pandémie grippale, le stade 4 constitue un retour à la situation antérieure, avant épidémie.
 

Une émission spéciale sur France 3 Bretagne


Pour faire le point sur l'évolution du coronavirus, et sur le stade 3, dans chacune de vos régions, France 3 se mobilise. Des émissions spéciales, avec les experts des Agences Régionales de Santé, des médecins, et des témoins, en direct de nos 13 antennes régionales : En Bretagne, l'émission spéciale "Ensemble contre le virus" sera diffusé ce mardi 10 mars à 10h45. Elle sera présentée par N'Fanteh Minteh.
 

 

Dispositifs d’information


Pour connaître l’ensemble des informations et recommandations concernant le nouveau coronavirus COVID-19 : www.gouvernement.fr/info-coronavirus
Pour toute question non médicale, une plateforme téléphonique nationale est également accessible gratuitement au 0 800 130 000 24h sur 24, 7 jours sur 7.


En région Bretagne,
  • Une cellule régionale d’information au public (CIP) répond à tous les aspects non sanitaires (annulation ou maintien d’événements, questions des maires et des entreprises) du lundi au vendredi de 8h30 à 17h30 via la plateforme nationale : 0 800 130 000
  • pour la situation morbihannaise des cas groupés, un numéro vert régional est activé à l’ARS : 0 800 350 017
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