Récit: une journée d'actions des éleveurs dans le Finistère

Sur le Pont de l'Iroise, bloqué une bonne partie de la journée, les éleveurs en colère ont généralement reçu le soutien des automobilistes. / © A.Quéré
Sur le Pont de l'Iroise, bloqué une bonne partie de la journée, les éleveurs en colère ont généralement reçu le soutien des automobilistes. / © A.Quéré

Commencée dès l'aube, la mobilisation des paysans finistériens s'est étendue tout au long de la journée et a considérablement perturbé le trafic routier sur les grands axes du département. La mobilisation traduit le désarroi des éleveurs: + de 10 % des exploitations sont au bord du dépôt de bilan.

Par Anna Quéré

Ce matin, vers 10h, l’ambiance est tendue sur le rond-point face à l’hypermarché Leclerc de la zone commerciale de Gourvili à Quimper.

Les éleveurs, beaucoup d’hommes et quelques femmes, visages fermés, font part de leur colère et de leur amertume : ils reprochent à la grande distribution des marges trop importantes et racontent ne plus réussir à vivre de leur exploitation, qu’elle soit bovine, porcine ou laitière. Du fumier et des gravats ont été déversés devant les supermarchés Netto, Leclerc ou Leader Price, afin d’empêcher l’accès aux parkings. Le centre Leclerc a préféré fermer ses portes au public.

Pris pour cible, l'hypermarché Leclerc a préféré fermer ses portes au public dans la matinée. / © A.Quéré

110 tracteurs sur le pont de l'Iroise

Au même moment, les éleveurs du nord Finistère s’installent sur le grand pont de l’Iroise à Brest. 110 tracteurs dominent la rade de Brest et l’ambiance est plutôt bon enfant.

Personne ne croit au plan d’urgence annoncé par Hollande

Les syndicalistes des JA et de la FDSEA prennent la parole pour dénoncer une situation de crise inédite qui touche tous les secteurs de l’élevage. Personne ne croit au plan d’urgence annoncé par François Hollande : « On ne veut pas des aides de l’Etat, insiste David Louzaouen, responsable JA et exploitant porcin à Plouzané. Ce qu’on veut c’est une vraie politique sur les prix ! Aujourd’hui la concurrence des viandes allemande et espagnole est telle que nous n’arrivons plus à faire vivre nos exploitations ! Nous ce que l’on veut, c’est un étiquetage, comme il en existe pour les fruits et les légumes. Le consommateur pourrait donc nous soutenir à sa manière en achetant de la viande française. »

Soutien des automobilistes

Hausse des prix, marge de la grande distribution : le consommateur se sent visiblement concerné par cette crise que vivent aujourd’hui les paysans. Et à leur grande surprise, les éleveurs ont été plutôt chaleureusement soutenus par le public à Quimper et Brest : tout au long de la matinée,  les automobilistes se sont régulièrement arrêtés pour les encourager. Ce n'était peut-être pas le cas des personnes bloquées ensuite sur la RN 12 en fin de journée, suite au blocage du pont de Morlaix par les manifestants.

La RN12 bloquée à hauteur de Morlaix dans l'après-midi / © A.Quéré
La RN12 bloquée à hauteur de Morlaix dans l'après-midi / © A.Quéré

Suspendus aux propositions de S. Le Foll

Ce soir, tous les éleveurs écouteront avec attention la position de Stéphane Le Foll, suite au rapport du médiateur qui lui a été remis. Mais ils ne sont pas près de rendre les armes et semblent très déterminés à continuer la mobilisation si le Ministre de l’agriculture ne leur fait pas de nouvelles propositions.

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