Rentrée scolaire : la fragilité du réseau Diwan

Le réseau Diwan prépare la rentrée avec plus ou moins de bonheur. Si la menace qui pesait sur vingt emplois aidés a été levée, la fermeture de l'école en langue bretonne à Questembert est annoncée. Cette rentrée marquera aussi l'ouverture d'une troisième école à Quimper et d'un lycée à Vannes.
"On se bat pour survivre mais aussi pour se développer" assure la présidente du réseau Diwan
"On se bat pour survivre mais aussi pour se développer" assure la présidente du réseau Diwan © Béatrice Le Grand

Alors qu'elles s'attelaient à la préparation de la rentrée, les équipes du réseau Diwan ont eu quelques sueurs froides mercredi dernier : vingt emplois non-enseignants, en contrats aidés, manquaient à l'appel dans dix des 48 écoles en langue bretonne. Lorient, Brest, Chateaulin, Auray, Pont-Croix, Lesneven, Lannion, Guipel, Vannes et Quimperlé ont donc donné l'alerte.


"Notre statut reste fragile"


Les dossiers sont aujourd'hui en voie de déblocage, annonce la présidente de Diwan, Stéphanie Stoll, laquelle ne cache pas son amertume. "Ce n'est pas ce que l'on appelle préparer une rentrée sereinement, dit-elle, qui plus est dans le contexte de Covid-19. Les déblocages pour ces contrats ne sont pas automatiques, nous devons être vigilants".

Il y a trois ans, Diwan avait déjà dû batailler ferme quand le gouvernement avait annoncé la suppression des emplois aidés. "Nous exerçons une mission de service public dans des conditions précaires, constate Stéphanie Stoll. Toutes ces fragilités sont compensées par l'engagement des bénévoles et des équipes. Notre statut reste fragile".


Fermeture de l'école de Questembert


Exemple à Questembert, dans le Morbihan, où l'école Diwan ne rouvrira pas ses portes à la rentrée. Lancée en 1998, elle est confrontée à une baisse d'effectifs et à des difficultés de financement. Et les aides publiques sont minces.
Cette école associative en langue breton n'est pas installée dans des bâtiments communaux mais dans des structures modulaires sur un terrain loué à la mairie. "Nous sommes propriétaires des locaux, achetés d'occasion. Ils n'étaient pas en très bon état et il y a un prêt à rembourser" précise la présidente de Diwan.
La gestion et le fonctionnement de l'école reposent sur les épaules des bénévoles. Autrement dit : les familles. "La pression financière était importante. Ceux qui s'engagent ont besoin de perspectives et de savoir qu'il y a du relais, notamment de la part des communes. Sinon, ils finissent par s'user et la démotivation fait le reste". 
 

Ouverture d'un deuxième lycée à Vannes


A Diwan, il y a néanmoins des bonnes nouvelles pour cette rentrée scolaire 2020 avec l'ouverture d'une troisième école en langue bretonne à Quimper, dans le Finistère, qui devient la seule ville bretonne à disposer de trois écoles Diwan. La classe de petite et moyenne sections occupera les locaux du centre de loisirs de Creac'h Gwen

 

Ouverture également d'un lycée à Vannes, dans le Morbihan. "Ce sera le deuxième lycée de notre réseau, avec celui de Carhaix, indique Stéphanie Stoll. On se bat pour survivre mais aussi pour se développer" ajoute-t-elle.
Ce lycée "de proximité", d'enseignement général non technologique accueillera les élèves bretonnants du Morbihan, d'Ille-et-Vilaine, de Loire-Atlantique et de l'Est du Finistère. La première classe de seconde prendra ses quartiers dans les locaux du collège Diwan de Vannes.


 
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