Report des élections régionales et départementales, ça coince avec le Tour de France en Bretagne

Jean Castex annonce vouloir décaler le scrutin des élections régionales au 20 et 27 juin. Cette seconde date suscite les crispations car en Bretagne, le Tour de France doit prendre le départ ce week-end là. Les élus locaux vont devoir jongler. 

© PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP

Ce matin, Alain Cadec, sénateur des Côtes-d'Armor ne cache pas sa colère. Il vient d'apprendre que le Premier ministre prévoit de décaler le scrutin des élections régionales d'une semaine, avec un premier tour le 20 et un second le 27 juin (contre le 13 et le 20 juin). "J'étais persuadé que mon amendement ferait foi", dit-il, avant de lâcher "une semaine de décalage, c'est vraiment se moquer du monde alors que le Parlement et les maires se sont prononcés." Résultat, si le gouvernement maintient ce cap, élections régionales et départ du Tour de France vont se juxtaposer. Une fausse bonne idée pour les élus locaux.

Au-delà du départ du Tour de France, je tiens à dénoncer la méthode.

Romain Boutron, président du Conseil départemental

Romain Boutron, président du Conseil départemental des Côtes-d'Armor ne comprend pas cette proposition. "L'Assemblée nationale et le Sénat ont voté conformément sur les dates du 13 et du 20 juin, en consultant les maires. On a fait un grand coup de communication, mais une fois de plus on consulte mais on ne tient pas compte de l'avis des maires. On a l'impression d'un bricolage. Il faut maintenir les élections aux dates que nous avions en tête, cela nous permettrait d'accueillir correctement le Tour de France mais surtout de voter, de faire passer la démocratie."

Pour lui, il faut favoriser le vote au maximum et garder les dates prévues. "Je pense à Perros-Guirec, à Mûr-de-Bretagne qui sont les deux villes étapes ce jour-là, on sait que la circulation sera perturbée, on sait que l'abstention est importante dans les scrutins. Il faut tout faire pour que les gens se déplacent pour les élections."

"Cela devient un casse-tête", résume Erven Léon, maire de Perros-Guirec qui verra le départ du Tour. Il rappelle que le scrutin est compliqué à organiser. "Ici, cela mobilise 300 personnes à chaque fois, plus 50 agents. Il faut que tout le monde soit vacciné ou présente un test PCR négatif 48 heures avant." Dans sa commune, des zones seront effectivement interdites à la circulation pendant l'événement sportif. 

Il souligne : "Cette semaine de décalage ne va pas favoriser la participation. Le 27, cela va aussi marquer le début des vacances d'été, avec les premiers départs et les gens auront cette année une vraie aspiration à prendre l'air." Il ajoute : "J'espère que le bon sens va prévaloir et que les dates du 13 et 20 juin seront gardées."

Richard Ferrand et Jean Castex remportent le maillot jaune de la bêtise.

Eric Le Boudec

A Mûr-de-Bretagne, Eric Le Boudec ne mâche pas ses mots. Pour lui, à l'heure actuelle, "c'est impossible d'organiser le vote avec un Tour qui passe au milieu du bourg. Les routes seront bloquées dès 9h du matin. Il va falloir plus de monde et notre commune ne compte que 2700 habitants. Il faut s'attendre à un fort taux d'abstention."

C'est la douche froide pour les Costarmoricains du parcours

Stéphane Briend, maire de Plédran

A Plédran, commune par laquelle doit passer le Tour pour la première fois, le maire Stéphane Briend affiche lui aussi un certain dépit. Comme ses alter-egos, il déplore que la consultation des maires soit passée à la trappe. Avec le Tour de France, c'est un moment de fête et de convivialité qui s'annonçait et le scrutin va forcément perturber la donne. "La démocratie passe évidemment au-dessus mais ça rajoute une brique à notre organisation. On va jongler entre les bureaux de vote et le Tour. On le fera, on sait faire, mais on est déçus."

Faudra-t-il décaler le départ du Tour de France ? Selon Le Point, les préfets bretons auraient suggéré de déplacer l'étape entre Perros-Guirec et Mûr-de-Bretagne au lundi 28 juin. 

 

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