Romain Hinfray, un ingénieur rennais… aux championnats du monde d’apnée

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Romain Hinfray, qui s’entraîne à Montfort sur Meu à l’Ouest de Rennes, participera à partir de ce vendredi 10 juin aux championnats du monde d’apnée piscine à Belgrade en Serbie, aux côtés de neuf autres athlètes de l’équipe de France. A la ville, Romain est ingénieur et travaille dans le secteur de la cyberdéfense. C’est d’ailleurs cette activité qui a conduit ce francilien d’origine en Bretagne. Entretien.

Le 8 Mai dernier Romain devenait vice-champion de France d’apnée piscine en dynamique sans palme (brasse) en parcourant 176m sous l’eau. Une performance qui lui a valu sa première sélection en équipe de France d’apnée. Il représentera donc le drapeau tricolore aux prochains championnats du monde d’apnée piscine à Belgrade en Serbie, aux coté de 9 autres athlètes, du 10 au 16 juin 2022.  



Romain, depuis quand pratiques-tu l’apnée ?

J’ai toujours barboté plutôt sous l’eau que sur l’eau selon mes parents, mais j’ai commencé l’apnée en club à Saint Quentin en Yvelines (78) en 2013.

Tu as un passif de compétiteur ? Qu’est ce qui t’a décidé à concourir en apnée ?

J’ai 35ans dont 20 ans de football et 10 de judo avec oui, beaucoup de compétitions à mon actif. Rapidement, en apnée, j’ai senti le besoin de me tester et de rencontrer du monde qui avait cette optique.

Depuis 2013 il y a eu du chemin, peux-tu nous raconter comment tu en es arrivé là ?

Rapidement je suis tombé amoureux de l’usage de la monopalme et de l’ondulation qui lui est associée pour se déplacer sous l’eau. Je suis ingénieur de formation et j’ai toujours disons été bon dans les projets que j’entreprenais, mais sans jamais chercher à pousser une compétence à l’extrême maitrise. J’ai décidé de me donner à fond dans l’apnée dynamique. Depuis j’ai progressé par paliers, je suis passé par différents clubs, Versailles, Aix en Provence, Laval et maintenant Rennes.
J’ai décroché 2 médailles nationales en 2019 (dernière saison complète avant le covid). Depuis le staff équipe de France me fait des appels du pied mais il fallait que je rentre dans les clous pour prétendre à une sélection. C’est chose faite cette saison, et mon sérieux et mon implication ont plu aux sélectionneurs, et me voilà à représenter mon pays dans quelques semaines à la plus grande compétition de ce sport.



Comment gères-tu le quotidien ? Tu t’entraines à temps plein ?

Etant diplômé professionnel d’apnée, j’ai passé deux ans à former des apnéistes en parallèle de mes entrainements. Mais depuis le covid je suis revenu à mes premiers amours, à savoir la cyberdéfense. Je travaille pour les services du premier ministre au sein d’une équipe qui gère le réseau interministériel de l’Etat. Ma hiérarchie et mes collègues me soutiennent dans mon projet sportif et j’arrive à concilier vie professionnelle et vie sportive, même si je passe un peu ma vie à courir. Ma famille m’apporte un soutien sans faille et c’est important au vu des sacrifices nécessaires pour s’entrainer et performer.

Comment gères tu les entrainements ? Tu as un coach ?

Je planifie mes entrainements en autonomie, mais je fais relire et valider tout ça par les copains de l’équipe de France. Après, j’ai réussi à monter un bel écosystème de travail et c’est une des clés de la réussite de cette saison. Je m’entraine au sein de la piscine de Montfort-sur-Meu avec deux binômes : Kevin Beaumont et Benoit Dupé, binômes qui se sont impliqués à 100% cette saison (ils finissent d’ailleurs dans le top 10 français). Egalement j’ai le soutien du pôle France de nage avec palmes de Rennes (Cercle Paul Bert) et de son entraineur Hugues Brillault.

Pour finir, comment abordes-tu ces mondiaux ?

Je n’ai rien à prouver sur ces premiers mondiaux, si ce n’est à moi même. J’ai l’amertume de ne pas avoir réussi une belle performance en monopalme aux championnats de France, à savoir dépasser mon record personnel de 226m. C’est mon objectif pour cette première échéance internationale.