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“Bretagne : un drapeau deux couleurs” ou le symbole d'une région double

© Bleu Iroise
© Bleu Iroise

Gwenn ha du, blanc et noir, les deux couleurs du drapeau breton symbolisent la Haute et la Basse-Bretagne. Même ce drapeau censé représenter une seule et même région semble avoir abandonné l'idée de son unicité et pris le parti renforcer l'image d'une Bretagne double. 

Par Catherine Deunf

En décembre 2013, c’est à Rennes que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault se déplace pour signer le pacte d’avenir pour la Bretagne. Pourtant, les mouvements de protestation des bonnets rouges à l’origine de ce plan de soutien à l’économie bretonne, viennent bien de l’ouest de la région. Ce documentaire de Didier Boussard et Jean-Etienne Frère souligne ce clivage de la région Bretagne : à l’est, les centres de décisions et un territoire irrésistiblement tourné vers la métropole parisienne. A l’ouest, une Bretagne, porteuse de l’identité bretonne à travers tous ses paysages de cartes postales, sa pratique du breton…

Loin de tout, mais pas à court d'idées...


« Cette frontière culturelle, politique, linguistique et économique me fascine, explique Didier Boussard, co-réalisateur du film, ça me rappelle la Belgique. » La ligne de séparation des deux langues, breton et gallo, marquent bien deux Bretagne. A l’est, la Haute-Bretagne, profite de la proximité de Paris et d’un réseau TGV facilitant les échanges avec de grandes métropoles françaises : une situation séduisante pour bon nombre d’entreprises et de nouveaux habitants. A l’ouest, la Basse-Bretagne, peine à attirer les investisseurs tant les distances rebutent. Ces bretons « du bout du monde » ont donc appris à ne compter que sur eux-mêmes et à se montrer inventifs. C’est ainsi que sont nées la société de transport maritime, Brittany Ferries, et la compagnie aérienne, Brit Air, dans les années 70. Des outils vitaux pour permettre l’exportation des légumes de la pointe bretonne. Aujourd’hui, c’est un réseau ferré, Combiwest, que montent les producteurs bretons pour atteindre des marchés étrangers. Les échalotes de Roscoff ne mettront plus que deux semaines pour atteindre la Chine.

Convaincre, séduire, contraindre


L’éloignement des centres de décisions semblent avoir habitué les Bas-Bretons à crier fort pour se faire entendre. De multiples contestations ont émaillé leur histoire, la dernière en date étant celle des bonnets rouges contre l’éco-taxe.  Leur devise : « convaincre, séduire, contraindre », s’amuse Jean-François Jacob, président de la Sica, groupement de producteurs de légumes à Saint-Pol-de-Léon. « La terre enrichit la mer et la Bretagne a toujours été riche quand elle était tournée vers la mer, analyse Didier Boussard. Les XVème et XVIème siècles ont été des siècles d’or pour elle, » avant de rappeler le préjudice qu’a été pour la pointe bretonne l’abandon du projet, datant de 1947, de port en profonde à Brest. Ce port a finalement vu le jour à Rotterdam… « Nous, on se contente de regarder les bateaux passer au large et d’en récupérer un échoué sur nos côtes de temps en temps, » conclut-il.

"Bretagne : un drapeau deux couleurs", un documentaire de Didier Boussard et Jean-Etienne Frère sur une idée originale de Claude Bertrac.
Une coproduction Bleu Iroise et France Télévisions/France 3 Bretagne avec le soutien de la Région Bretagne et du CNC. 
Diffusion le lundi 2 octobre 2017, après le Soir 3 
Rediffusion le mardi 3 octobre 2017 à 8 h 45



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