L'un des rescapés était breton, les sept moines de Tibéhirine assassinés bientôt béatifiés

Les moines de Tibéhirine dans les années 1990 - Les frères Amédée et Jean-Pierre, debout à droite. / © AFP
Les moines de Tibéhirine dans les années 1990 - Les frères Amédée et Jean-Pierre, debout à droite. / © AFP

On se souvient du film "Des hommes et des Dieux", l'histoire des sept moines de Tibéhirine assassinés en Algérie en 1996. Le Vatican a publié un décret pour les reconnaître en tant que martyrs en vue de leur béatification. L'un des rescapés de la tragédie venait de l'abbaye de Timadeuc (Morbihan).

Par Krystel Veillard avec l'AFP

Au total ce sont dix-neufs martyrs tués en Algérie entre 1994 et 1996 qui seront béatifiés, annonce le Vatican. Parmi eux, les sept moines français de Tibéhirine, ainsi que l'ancien évêque d'Oran Pierre Claverie, assassiné par un groupe armé le 1er août 1996, qui avait pris pour cible ce fervent défenseur du rapprochement islamo-chrétien et algéro-français. Ce frère dominicain français, né à Alger avant l'indépendance du pays , avait été assassiné avec son jeune chauffeur algérien. Six religieuses et cinq religieux vont aussi être béatifiés.

La tragédie de Tibéhirine en 1996


Les moines de Tibéhirine avaient été enlevés en mars 1996 dans leur monastère de Notre-Dame de l'Atlas, à 80 km au sud d'Alger. Leur mort avait été annoncée le 23 mai par un communiqué du Groupe islamique armé (GIA). Les têtes des moines trappistes avaient été retrouvées le 30 mai 1996.
Les frères Christian, Bruno, Christophe, Célestin, Luc, Paul et Michel avaient entre 45 ans et 82 ans. Le Vatican a reconnu le martyre de Pierre Claverie, membre de l'Ordre des frères prêcheurs, et de 18 religieux et religieuses, "tués par haine de la foi, en Algérie de 1994 à 1996", précise le décret du Vatican. Les circonstances exactes de la mort des moines restent mystérieuses et plusieurs hypothèses circulent sur les commanditaires de leur enlèvement et assassinat.

Le lien à l'abbaye de Timadeuc dans le Morbihan


Le monastère de Tibéhirine, situé dans l'Atlas, près de Médéa en Algérie, avait un lien avec la Bretagne. En 1964, avec l'arrivée à sa tête d'un nouvel Abbé, Ignace Gillet, la communauté de moines trappistes avait été renforcée par huit nouveaux frères, venus des abbayes de Timadeuc, dans le Morbihan et d’Aiguebelle dans la Drôme. C'est le moment où "la vie du monastère prend une tournure peu commune, marquée par une absence de rancune envers les musulmans, et au contraire, par un grand désir de se connaître mutuellement. La prière rythme les journées du monastère, qui vit en paix avec le village voisin".

Deux rescapés du massacre


Lors de l'enlèvement de sept des membres de la communauté, deux moines, qui dormaient dans un autre bâtiment, avaient réussi à échapper aux ravisseurs. Le frère Amédée et le frère Jean-Pierre, qui lui venait de Timadeuc. Il est retourné dans le Morbihan après ces tragiques événements. Aujourd'hui le père Jean-Pierre est âgé de 93 ans, et vit depuis 2000 retiré dans le sud marocain, au monastère Notre-Dame de l'Atlas, à Midelt.
 

Un film : "Des hommes et des dieux"


Le destin tragique des moines de Tibéhirine, emportés par la violence, avait inspiré le film du Français Xavier Beauvois, "Des hommes et des dieux" (2010). Grand Prix du Festival de Cannes, le film, interprété notamment par Michael Lonsdale, Lambert Wilson et  Jacques Herlin, a connu un succès international.





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