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Tro Breiz : les pèlerins pourront crécher dans des refuges

Dans quelques jours, la première chapelle hospitalière du Tro Breiz s'ouvrira aux pèlerins à Saint-Pol-de-Léon (Finistère). Ce refuge est le premier d'une série de cinquante environ, qui jalonneront le circuit. Objectif : proposer un toit tous les 25 km d'ici à 3 ans. 

Par Hélène Pedech

Quatre lits, une plaque de cuisson, une douche et des toilettes. L'installation est pour le moins dépouillée. Sauf que l'abri offre la particularité de se trouver dans un local situé sous la chapelle Saint-Joseph à Saint-Paul-de-Léon (Finistère), là même où le pèlerinage breton a été relancé il y a de cela 21 ans. Ce refuge, destiné aux pèlerins du Tro Breiz, a été inauguré le week-end dernier.
La Chapelle Saint-Joseph à Saint-Pol-de-Léon sera le premier abri de pèlerins du Tro Breizh. / © P.Abjean
La Chapelle Saint-Joseph à Saint-Pol-de-Léon sera le premier abri de pèlerins du Tro Breizh. / © P.Abjean
Il ouvrira ses portes le 1er juillet. Mais avant cela il aura fallu toute la volonté et l'énergie de quelques bénévoles pour remettre en état cette remise laissée à l'abandon par la paroisse et le diocèse.

Une cinquantaine d'abris d'ici 3 ans

Dans la foulée de la chapelle Saint-Joseph de Saint-Pol-de-Léon, une cinquantaine d'autres abris devraient s'ouvrir à leur tour aux pélerins du "Chemin permanent" du Tro Breiz. Une seconde chapelle hospitalière devrait être mise à disposition à Morlaix d'ici quelques semaines, dès que le diocèse de Quimper, propriétaire de l'édifice, aura donné son accord. "En trois ans, je pense que toutes les chapelles peuvent être ouvertes. Lorsque nous contactons les communes, elles sont le plus souvent contentes de céder les cahrges et factures qui vont avec. A terme, les pèlerins trouveront un gîte tous les 25 km", nous explique Philippe Abjean, à l'origine du projet.

Un carnet du pèlerin 

Gratuit ("même si une obole serait appréciée"), l'hébergement sera accessible uniquement aux adhérents de l'association "les Chemins du Tro Breiz" (de 3 à 37€ l'inscription) ou de l'Association Bretonne des Amis de Saint-Jacques-de-Compostelle. Sésame indispensable également; le carnet du pèlerin à tamponner à chaque étape, à l'image de ce qui se fait déjà sur les chemins de Saint-Jacques. Dès cette semaine, une équipe d'hospitaliers sera mise en place pour accueillir (et contrôler) les randonneurs. 

Égaler voire supplanter Compostelle

Car c'est bien du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, dont souhaite s'inspirer le Tro Breizh. "En 2014, 240.000 personnes ont emprunté les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, confiait Philippe Abjean il y a quelques jours au Télégramme. L'objectif, dans un premier temps, est de ramener 30% de ces marcheurs, soit un potentiel de 70.000 à 80.000 personnes, sur notre Tro Breiz. Notre circuit breton a la particularité d'être circulaire et répond à de nombreuses attentes: la quête spirituelle, le patrimoine, la randonnée, la nature. Avec un peu d'ambition, on peut égaler, sinon supplanter, Compostelle!"  L'enjeu est donc spirituel mais aussi économique.

Pour 1 euro symbolique

Dans cette perspective, celui qui a relancé le Tro Breiz en 1994, a donc fondé l'association "l'Oeuvre de Saint-Joseph". L'association rachète des chapelles désaffectées situées sur le parcours du Tro Breizh. Ainsi, en plus de Saint-Pol-de-Léon, des abris ont été acquis, souvent pour l'euro symbolique, à Quimper (chapelle du Saint-Esprit), Pont-l'Abbé (chapelle du Sacré-Coeur), Guingamp (Côtes-d'Armor) et Pont-Croix (chapelle Saint-Joseph). Des appels à bénévolat et aux dons sont lancés pour les retaper en gîtes. D'autres projets d'acquisition sont en cours à Vannes, Auray, Hennebont, Pontivy (Morbihan) et Monfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine).

Renouer avec la vocation d'accueil

"L'accueil de pèlerins ne remettra pas en cause le culte dans ces édifices", rassure Philippe Abjean. "Pour les pèlerins, ce ne sont pas seulement 4 murs et un toît mais aussi un lieu chargé de sacralité". D'ailleurs, n'était-ce pas là l'une des vocations premières des églises au Moyen-Âge ?

  

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